Loi olympique et garanties de l’État : la préparation des Jeux d’hiver 2030 est fragilisée par la crise politique. Les organisateurs redoutent qu’un simple contretemps ne se transforme en retard, en attendant, enfin, un gouvernement stable.
« La situation actuelle peut conduire à un petit décalage du vote du projet de loi olympique, mais nous pouvons très bien vivre avec une adoption décalée de quelques semaines », confie une source proche du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop).
Prévue dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’étape cruciale du projet de loi olympique dépend désormais de la mise en place d’un nouveau gouvernement – attendue depuis la nomination du Premier ministre Sébastien Lecornu le 9 septembre – et de la reprise de l’activité parlementaire.
Adopté en juin au Sénat, le texte vise à faciliter l’organisation des Jeux via des dérogations temporaires en matière d’urbanisme, de logement, de santé, de travail ou encore de sécurité. Initialement, il devait être examiné à l’Assemblée nationale dès septembre, pour une adoption d’ici fin 2025.
« Il nous permet de sécuriser et quelquefois d’accélérer la livraison des opérations », a rappelé mi-septembre Damien Robert, directeur général exécutif de la Solideo Alpes 2030, établissement public chargé des ouvrages olympiques.
Il souligne que « le projet de loi olympique tel qu’il est prévu aujourd’hui reprend beaucoup du projet de loi de 2018 » conçu pour Paris 2024. Cette fois encore, le dispositif prévoit que des opérateurs immobiliers livrent, sous un permis unique, les villages olympiques et leur reconversion en logements. « Ne pas avoir ces dispositions nous handicaperait fortement », reconnaît-il.
JO 2030 : l’incertitude politique menace la loi olympique et les financements
Selon une source proche du dossier, il reste possible que l’Assemblée examine la loi la deuxième semaine d’octobre, « dans un trou de souris avant le projet de loi de finances ». Mais si cette fenêtre est manquée, l’encombrement budgétaire compliquera les débats.
La fin de l’année reste un objectif important : certaines dispositions concernant les marchés publics exigent une validation rapide, même si aucun couperet n’est fixé.
Le calendrier incertain touche aussi le financement global des Jeux, estimé à 2 milliards d’euros. Le projet de loi de finances doit intégrer plusieurs mesures clés, dont la validation des contributions publiques – 362 millions d’euros pour l’État et 100 millions pour les deux régions hôtes – ainsi que la garantie financière de l’État exigée par le Comité international olympique (CIO) en cas de déficit.
« Sur la loi de finances, même si elle était votée en toute fin d’année ou début d’année prochaine, ça crée un léger décalage mais ça n’empêche pas de travailler », estime une source proche du Cojop.
Pour Damien Robert, « il faut qu’il y ait une loi de finances qui permette d’avoir les crédits nous permettant de fonctionner en 2026, c’est une évidence ». Il assure toutefois que « le retard, c’est pas trop un sujet, aujourd’hui on n’est pas handicapés par cela ».
Si l’échéance de 2030 paraît encore lointaine, les acteurs impliqués scrutent avec inquiétude les consultations menées par le Premier ministre auprès des partis et syndicats, à la recherche d’un compromis budgétaire.
« Pour l’instant, l’échéancier n’est pas mis à mal, mais il ne faudrait pas que la situation perdure pendant six mois…», résume le sénateur PS Eric Jeansannetas, membre de la commission des finances.
Il insiste : « on est dans l’expectative, on n’a aucune visibilité et beaucoup d’incertitudes : est-ce que le gouvernement va tenir ? Et s’il y a une censure, ou une dissolution ? Tous les scénarios sont envisageables ».
Avec AFP






