France Télévisions est au bord de l’asphyxie financière : la Cour des comptes sonne l’alarme et exige des réformes profondes, longtemps différées, pour sauver un groupe lesté par des dépenses jugées intenables.
Un signal rouge clignote ! Le rapport publié par la Cour des comptes met en lumière une dérive que chacun pressentait sans oser l’avouer publiquement : France Télévisions, malgré ses 2,5 milliards d’euros de dotation annuelle, navigue en plein brouillard budgétaire. Les « Sages » de la rue Cambon pointent un déficit annoncé de 40 millions pour 2025, preuve d’une fuite en avant que les rustines passées n’ont pas su colmater.
Ce constat sans concession arrive alors que Delphine Ernotte Cunci, aux commandes depuis 2015, tente de rassurer. L’intéressée promet de suivre toutes les recommandations, mais le mal semble enraciné : effectifs pléthoriques (près de 9.000 salariés), charges de fonctionnement galopantes et investissements numériques imposés par la concurrence privée… la facture ne cesse de grimper.
Situation critique révélée par la Cour des comptes
Ce n’est pas un simple avertissement : c’est une mise en demeure. La Cour, présidée par Pierre Moscovici, appelle à renégocier au plus vite l’accord social qui encadre l’entreprise. Elle reproche aussi à l’État d’avoir multiplié les orientations contradictoires, empêchant d’établir une stratégie viable.
En filigrane, un constat dérangeant : France Télévisions est devenu un colosse aux pieds d’argile. Les réformes promises depuis des années ont été reportées, et les marges de manœuvre obtenues au fil de la dernière décennie semblent déjà épuisées.
Pressions politiques
À la crise financière s’ajoute une tempête politique. « L’affaire » Legrand-Cohen, où deux journalistes sont accusés de collusion avec le Parti socialiste, a jeté une ombre sur l’indépendance éditoriale du service public. Une aubaine pour le Rassemblement national qui, fidèle à sa ligne, réclame la privatisation pure et simple du groupe.
Marine Le Pen, en pointe, exige le départ de Delphine Ernotte, qu’elle accuse d’être « une militante très marquée à gauche ». La patronne de France Télé, elle, a récemment envenimé le climat en qualifiant CNews de « chaîne d’extrême droite », accentuant la fracture idéologique déjà béante dans le paysage médiatique.
Que faire ?
Face à ce chaos, la Cour des comptes propose des solutions concrètes : renforcer les synergies entre France 3 et les radios du réseau Ici (ex-France Bleu), rationaliser les moyens, et avancer sans attendre sur la création d’une holding commune regroupant les sociétés publiques de l’audiovisuel. Des pistes déjà connues, mais jamais (fortement) appliquées.
Dans un contexte où l’État envisage de nouvelles coupes budgétaires dès 2026, l’avenir de France Télévisions s’écrit en pointillés. Le groupe, pourtant leader des audiences sur le linéaire comme sur le numérique, risque de payer le prix fort d’années de tergiversations.
Photo : archives / été 2025










Tout comme peut-être la taxe d’habitation dont la suppression irréfléchie a provoqué une réelle baisse des recettes et a participé à l’augmentation vertigineuse de la dette publique, il faudrait peut-être remettre en service la redevance télé, supprimée en 2022 et dont le montant était alors de 138 euros, peut-être pas intégralement mais par exemple à hauteur de 50 euros. Quant à la volonté du RN de privatiser l’audiovisuel public je crois que cela nous donne un avant-goût de ce que pourraient être ses mesures s’il arrivait au pouvoir puisque tous les pays, du moins européens, ont un audiovisuel public et que le nôtre, même s’il… Lire la suite »