Nice est bien plus que d’autres une grande ville d’artisans, de petites et moyennes entreprises. La cité s’est métamorphosée en un quart de siècle, avec une fédération de professionnels qui déborde de projets.
C’est une belle histoire qui dure. La Fédération du commerce niçois et de l’artisanat (F.C.N.A.) souffle sa vingtième bougie. Philippe Desjardins, qui fut son président pendant treize ans, jusqu’en 2021, rembobine auprès de Nice-Presse. « Un commerçant, c’est comme un paysan. C’est dans la complexité qu’il se lance dans un collectif ». En l’espèce, c’est l’aménagement de la première ligne du tramway qui conduit les pros à se regrouper, pour dialoguer avec la mairie de Jacques Peyrat.
Georges Lions devient, en 2004, le premier meneur d’une fédération qui compte huit associations dans divers quartiers. On en décompte aujourd’hui une vingtaine, pour plus de 1300 adhérents.

Philippe Desjardins, alors commerçant à Saint-Roch, se souvient d’une « formidable implication des enseignes. C’était quelque chose : pour la première fois, nous réunissions grands magasins et petits indépendants ». Une solidarité qui permet de lancer « un projet phare : Nice Shopping. La Fédé s’adresse aux commerçants, tandis que cette association est tournée vers le client, en valorisant tout le tissu économique. C’est devenu un levier très fort pour tout le monde ».
Plusieurs drames ont renforcé cette nécessité de se serrer les coudes : attentats de 2016 et de 2020, impact de la crise des « gilets jaunes » de nombreux samedis, confinements liés à la crise sanitaire… « Nous en sommes sortis plus unis, et encore plus forts ».
Deux décennies au cours desquelles Nice s’est métamorphosée, notamment avec de vastes chantiers d’aménagement et d’embellissement. « La ville a beaucoup évolué, et la F.C.N.A. y a pris toute sa part » souligne Philippe Desjardins.
« Ces travaux, il a fallu les accompagner. Une rue qui est requalifiée, ce sont des habitudes qui changent ». Un défi relevé « grâce aux discussions franches entretenues avec le conseil départemental, avec Eric Ciotti, et avec le maire, Christian Estrosi ».
« Vecteur de lien social majeur »

C’est Jean-Marie Debaisieux qui a repris le flambeau, l’année dernière. Installé à Antibes, il rachète en 2015 à Nice ce qui deviendra Urban Confort. « Aidé par plusieurs copains du boulevard Gambetta, on a lancé en 2017 l’association des commerçants du coin, Gambett’Ssole ». 30 enseignes au début, une cinquantaine aujourd’hui. Du côté de la F.C.N.A., il est simple administrateur, trésorier, vice-président… Avant d’en être élu président, suite au départ de Jean-Pierre Lellouche, une figure de la vieille ville.
Jean-Marie Debaisieux évoque une Fédé pleine de projets, dont les objectifs sont toujours aussi clairs : « défendre la diversité, l’originalité, la plus-value et l’authenticité des entreprises » ; « réunir et accompagner dans une ambiance conviviale et des moments de partage les professionnels de toute la ville. Lutter contre les zones blanches ».
À Saint-Isidore et à la Buffa, deux collectifs viennent de se lancer. D’autres sont en sommeil à Thiers, rue de France, Carras ou encore Borriglione. En tout cas, pour l’instant. « Le commerçant, c’est un vecteur de lien social majeur. Il peut faire remonter aux décideurs les difficultés du quotidien, et obtenir des améliorations concrètes » rappelle-t-il aussi.
Déjà bien en marche depuis plusieurs mois, la professionnalisation de la Fédération est en cours. Deux collaboratrices ont rejoint les rangs, l’une pour la communication et l’autre pour l’administratif. « La F.C.N.A. peut ainsi aider plus efficacement, pour des dossiers de subventions mais aussi pour les projets d’animations ».
Preuve de ce dynamisme, les nouveaux partenariats s’enchaînent, ou sont renforcés, avec Initiative Côte d’Azur, l’OGC Nice, Transcan, ou encore avec la Banque Populaire Méditerranée.






