Un policier de 43 ans a été tué lors d’une inter­vention dans la nuit de mercredi à jeudi au Mans (Sarthe). L'automobiliste qui l'a écrasé et traîné sur plusieurs mètres a été arrêté.

POLICE/​JUSTICE — Il est à peu près quatre heures du matin quand trois policiers inter­viennent près de l’avenue Olivier-​Heuzé, au Mans, sur demande des pompiers. Un conducteur, visiblement ivre, s'est endormi au volant, "en pleine voie".

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"L’un des policiers, brigadier, était en train de retirer la clef du contact du véhicule lorsque l’automobiliste a redémarré en marche avant. Il a accéléré et le fonction­naire a été traîné sur plusieurs mètres. Le chauffard a alors percuté un mur" rapportent Actu17 et Franceinfo.

Le policier a été tué sur le coup. Âgé de 43 ans, il était père de trois filles. 

Une enquête a été ouverte. L'automobiliste de 26 ans a été placé en garde à vue pour "violences volon­taires ayant entrainé la mort sans intention de la donner sur personne déposi­taire de l’Autorité Publique", a indiqué le parquet du Mans.

"L’automobiliste en cause a déjà fait l’objet de deux condam­na­tions, dont une pour des faits de conduite sous l’empire d’un état alcoo­lique et refus d’obtempérer à une sommation de s’arrêter, commis en 2015, et la seconde pour outrage et rébellion, commis en 2018", a-​t-​il précisé.

Des examens sont en cours afin de déter­miner s’il avait consommé de l’alcool ou des produits stupéfiants.

"Profonde émotion en apprenant le décès cette nuit d’Eric M., brigadier au Mans, emporté sur plusieurs mètres puis projeté contre un mur par un automo­bi­liste qui refusait un contrôle routier. Je veux dire tout mon soutien à sa famille et à ses collègues" a réagi ce jeudi 6 août le maire de Nice Christian Estrosi.

"Cette nuit, au Mans, la Nation a perdu un de ses héros du quotidien", a écrit le Premier ministre Jean Castex sur Twitter. "À sa famille, ses proches, je veux dire mon soutien et la solidarité du pays tout entier", a-​t-​il ajouté.

"Les mots ne suffisent plus"

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a également réagi sur Twitter, faisant part de sa "profonde émotion".

"Après Mélanie Lemée, c’est un policier, papa de jeunes enfants, qui est tué par un conducteur ivre refusant le contrôle. Combien de morts dans nos rangs pour une prise de conscience urgente ?" déclaré le syndicat des commis­saires de la police nationale (SCPN) sur Twitter.

"Il n’y a jamais eu autant de signaux graves : refus de contrôles, agres­sions, rebel­lions, traque­nards, violences dans les manifes­ta­tions, usages d’armes, etc…" réclame l’organisation. "Les mots ne suffisent plus. Attaquer un policier doit être dissuasif et lourdement puni"

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