- Vous lisez un épisode de “Saint-Roch, la reconquête de l’Est”, l’un des dossiers de Nos Quartiers, le magazine qui parle de vous.
Issu d’une famille niçoise de producteurs et installé sur le marché de Saint-Roch depuis près une décennie, ce maraîcher de 54 ans est l’un des visages les plus familiers de la place.
En ce mardi après-midi, veille de 1er-Mai et de fête du travail, le banc fleuri et coloré de Thierry Bayard est encore ouvert. Malgré les rafales de vents et un ciel capricieux, qui vire du bleu au gris, quand ce ne sont pas les nuages qui retiennent les rayons du soleil, quelques passants s’arrêtent, et repartent les mains pleines.
Une dame d’une soixantaine d’années, soigneusement apprêtée, commence par saisir deux brins de muguet, avant de finalement remplir sa besace de deux supplémentaires. Pendant ce temps-là, un jeune homme à la chevelure dorée reprend sa route, une rose à la main, sourire au coin, prêt à l’offrir à sa petite amie.
Seul fleuriste du marché
De petits instants de partage et des fragments d’émotions, qui animent Thierry Bayard, toujours aussi admiratif de la chaleur humaine qui berce ses journées. « C’est aussi pour cela que je fais ce métier, nous confie-t-il, les yeux pétillants. Parler avec différentes personnes, de tous horizons, chaque jour, est une expérience enrichissante. C’est autre chose que d’échanger à travers des écrans toute la journée dans un bureau. »
« J’ai eu ce besoin de retrouver Nice. Il y avait le Cours Saleya, la Libé ou Saint-Roch. J’ai choisi Saint-Roch »
Un métier que le maraîcher exerce avec passion, depuis la fin de son service militaire. S’il a eu l’occasion de vendre des légumes, ce sont bien les fleurs qui ont rythmé sa vie. D’abord sur des marchés à Grasse, à Mouans-Sartoux, et puis à Nice, finalement, lui l’enfant de Saint-Isidore.
« J’ai eu ce besoin de retrouver Nice. Il y avait le Cours Saleya, la Libé ou Saint-Roch. J’ai choisi Saint-Roch. » Une évidence. « Pour son esprit de village, son histoire et son ambiance. »
Pourtant, les premières années sont difficiles. L’envie de tout plaquer traverse son esprit, mais la raison, et surtout la passion, ont fini par le convaincre de rester. « C’était assez calme, je ne faisais pas le chiffre que j’espérais. Et pourtant, je bossais beaucoup. J’étais présent la semaine, le samedi, le dimanche. Heureusement, quand on fait les choses avec sérieux, les efforts finissent toujours par payer. »
Roses d’Èze, géraniums, plantes aromatiques…
Aujourd’hui, ses compositions florales se retrouvent un peu partout dans les salons des appartements du quartier. Une clientèle locale, rarement aisée, mais qui lui reste fidèle.
« Je propose de petits bouquets à six euros, qui restent bien en place pendant une quinzaine de jours. Une dame qui n’a pas trop les moyens ou qui a une petite retraite peut avoir un appartement toujours fleuri pour douze euros par mois. »
Au-delà des compositions et des incontournables, comme la rose d’Èze ou le géranium, ce sont les plantes aromatiques qui ont la cote, surtout à l’aube des beaux jours. Basilic, thym, romarin, les trois classiques. Des plantes et des fleurs issues de producteurs locaux du département, dans l’arrière-pays ou à Saint-Laurent-du-Var, et parfois même à la frontière italienne.
« Ici, nous ne sommes jamais déçus, nous souffle-t-on. Les bouquets sont garnis. Et puis ça change des fleurs achetées dans de grands groupes de fleuristes, qui se ressemblent toutes. » Chez Thierry Bayard, soyez au moins sûrs qu’elles sont choisies avec le coeur.






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