Dans la foulée de la dissolution, Eric Ciotti, patron de la droite, avait annoncé son alliance avec Marine Le Pen et le RN. Depuis, le conseil départemental, dont il est le « numéro deux » de fait, n’a pas pris position.
« Eric Ciotti ne peut plus être le président de la majorité départementale. Laquelle pourra accueillir des gens de sensibilités différentes »
Vidéo - C’est une défection d’importance. À l’antenne de BFM Nice Côte d’Azur ce mercredi 17 juillet, Jean Leonetti a appelé à une mise en retrait d’Eric Ciotti de son poste de chef de la majorité au CD06. Impossible, pour le maire d’Antibes, qu’il se maintienne à se poste après son union avec le Rassemblement national. Cette prise de position sera écoutée, puisque l’ancien ministre compte au moins une dizaine d’élus (sur 54) très proches de lui dans cette assemblée locale.
« Je n’approuve pas son alliance avec le Rassemblement national. Il ne doit pas non plus démissionner du Département, mais il doit tirer les conséquences de sa décision. Il devrait aussi quitter Les Républicains. Je le lui ai dit, et il réfléchit ».
💬 « Éric Ciotti ne peut plus présider la majorité départementale«
— BFM Nice Côte d’Azur (@BFMCotedazur) July 17, 2024
Jean Leonetti, maire d’Antibes Juan-les-Pins, aborde les conséquences de la main tendue d’Eric Ciotti au RN pic.twitter.com/8brIwRRPIX
Ciotti compte bien des soutiens de poids
Il ne s’agit toutefois pas de l’enjeu principal. Eric Ciotti est surtout président de la commission des finances, qui distribue les subventions aux communes maralpines. Une fonction qui lui permet de disposer de vastes ressources, notamment d’un personnel de conseillers pléthorique. L’ambition de ses ennemis, notamment du côté de la mairie de Nice, est évidemment de l’en priver, deux ans avant les municipales.
Il peut compter sur plusieurs soutiens. Les vice-présidents Bernard Chaix - qu’il a fait élire député - Gaëlle Frontoni ou encore Carine Papy, toutes deux présentes au premier rang de son meeting de victoire, au soir du second tour. Xavier Beck et Auguste Verola font partie de ceux qui ont publiquement approuvé son accord avec les marinistes. D’autres l’ont dénoncé, mais sans grande vigueur, à l’image du cannois David Lisnard.
Le grand absent des débats, c’est évidemment le président des Alpes-Maritimes, Charles Ange Ginésy. Que pense-t-il de ce basculement politique ? Les choses seront peut-être mises au clair, comme l’appelle la députée canettane Michèle Tabarot, à l’occasion de la prochaine séance plénière, programmée à la rentrée. À moins que l’été ne réserve son lot de surprises. Les proches du maire de Nice - 12 édiles - sont sur le pont, bien décidés à récupérer une collectivité qu’ils accusent de mettre leur ville au pain sec et à l’eau depuis dix ans. Ce sont les barons de l’ouest maralpin, dominants au CD06, qui trancheront.



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.