Le RN 06, jusqu’à présent désorganisé à Nice et ayant présenté quelques candidats fragiles en juin, entend se renforcer, et vite. L’objectif : être sur le pied de guerre avant une éventuelle dissolution dès l’été prochain. Et surprendre lors des municipales.
La nouvelle, loin d’être une surprise, est tombée par voie de communiqué ce 12 septembre : Alexandra Masson devient la nouvelle patronne du Rassemblement national dans les Alpes-Maritimes. Son prédécesseur, Lionel Tivoli, était donné sur le départ depuis de nombreux mois. Son bilan n’est pas exceptionnel, notamment parce que, dépourvu de réseaux politiques comme médiatiques, il a lentement vu le parti perdre tout écho, ou presque, à Nice.
On sait Alexandra Masson tentée par la mairie de Menton, un territoire où elle a été réélue députée en juin, avec un score de maréchal. Elle s’attèlera à renforcer le RN dans les grandes communes du département : sa capitale donc, mais aussi les villes estimées gagnables en 2026, comme Cagnes ou Saint-Laurent. Les référents locaux ne seront pas forcément tous confirmés à leur poste après ce week-end, où les Lepénistes se réuniront à Paris.
La réorganisation est, en fait, nationale. Le parti n’a toujours pas digéré le semi-fiasco des législatives anticipées, où la barrage républicain lui a fait peut-être autant de mal que la nullité de certains de ses candidats. Dans les Alpes-Maritimes, les investis de Cannes et Antibes, par exemple, n’étaient clairement pas fameux…
C’est donc un symbole de voir venir Jordan Bardella, début octobre, à Nice pour un meeting au Palais Nikaïa, alors qu’il ne faisait jusqu’alors escale que dans le Var. Avec l’organisation de ce grand raout, l’heure est donc à « professionnaliser, enfin, la Fédération du 06, pour en faire l’un des territoires les plus solides lors des trois prochaines élections : les législatives probales de 2025, les municipales de 2026 et la présidentielle de 2027 » nous explique-t-on du côté du RN sudiste. « Pour ça, il faut de la poigne : Alexandra Masson en a. Déjà, par ses scores. Ensuite, parce qu’elle a l’oreille de Marine Le Pen et de Jordan Bardella ». Pas négligeable pour secouer les uns et les autres.
L’un des enjeux sera de faire tenir la barque sur laquelle Eric Ciotti les a rejoints. « Ça se passe plutôt bien. Il représente une force politique d’appoint » nous souffle-t-on. Certes, il a raflé la part du lion en juin, en obtenant les trois circonscriptions niçoises. « Mais en 2026, il sait qu’il ne peut pas réussir sans une union avec nous, face à Christian Estrosi. Il l’a lui-même assuré ». Les frontistes sont cordialement invités aux différents évènements ciottistes. Reste à voir si, dans le sens inverse, le député UDR - son nouveau parti - viendra applaudir Jordan Bardella début octobre.





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