C’est un fait rarissime, l’Eglise protestante prend parti sur un sujet de politique locale. Ses représentants azuréens dénoncent ce mercredi un projet de jumelage entre Nice et la cité-vitrine de l’Ouzbékistan. Mardi, l’ensemble des partis, de la gauche à la droite, s’exprimaient dans Nice-Presse pour s’en émouvoir également.
Une polémique qui continue de se propager. Ces dernières semaines, la mairie a annoncé son intention de conclure, prochainement, un jumelage avec Samarcande, ville-symbole de l’Ouzbékistan. Une aubaine pour ce régime en quête de respectabilité : il faut dire qu’il serait aussi démocrate que la Chine et l’Arabie Saoudite, d’après les derniers baromètres parus.
Mardi, l’ensemble des formations politiques locales - Écologistes, PS, Rassemblement national…- dénonçaient dans nos colonnes cette décision, et demandaient à Christian Estrosi d’y renoncer clairement. Les socialistes notaient que la mesure fait songer au jumelage, en 1974, entre Nice et Le Cap alors en pleine période d’apartheid. Suite à cet article, le député UDR Eric Ciotti avait pris position, réclamant à la municipalité de « renoncer immédiatement, pour ne pas associer Nice à une dictature ».
Cette fois, ce sont nos confrères de RCF Radio, ce 23 avril, qui révèlent la lettre ouverte de L’Eglise protestante unie, où elle fait part de « son inquiétude à l’annonce de ce projet de jumelage ».
Et de justifier : « lorsqu’en Ouzbékistan, la contestation politique n’est pas tolérée, la liberté de manifester est bafouée, lorsque des personnes sont criminalisées pour leur vie affective, ce ne sont pas seulement les droits de l’Homme qui sont outragés, mais aussi l’Evangile de paix et d’amour pour l’Humanité entière sur lequel nous, chrétiens, fondons notre foi ».
« Défendre la dignité de chaque personne humaine »
Particulièrement concernée, estime-t-elle, l’Église « souhaite alerter particulièrement sur le fait qu’en Ouzbékistan, la liberté de conscience est sensiblement restreinte, notamment celle de choisir et de pratiquer sa religion. Les communautés chrétiennes d’Ouzbékistan subissent des restrictions de leur droit. Les protestants connaissent les plus importantes violations de la liberté de conscience, et se voient le plus souvent interdire la pratique du culte ».
Pour conclure, avec une grande finesse, l’institution condamne cette idée de jumelage : « nous voulons rappeler que les relations étrangères des villes françaises doivent être l’occasion d’affirmer et de lutter pour la démocratie, la liberté, la valeur et la pleine dignité de chaque personne humaine…»



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