La cour d’appel a allégé mercredi la peine de l’ancien député socialiste des Bouches-du-Rhône Jean-Pierre Maggi, jugé coupable de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêt, liés à des pratiques clientélistes.
En juin 2022, une autre chambre de la cour d’appel d’Aix-en-Provence – dont l’arrêt a été en partie annulé – l’avait condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis, à 100.000 euros d’amende et à cinq ans d’inéligibilité. Âgé de 81 ans, l’ancien maire de Velaux, commune de 9.000 habitants, se voit désormais infliger uniquement 18 mois de prison avec sursis, la cour tenant compte de son retrait de la vie publique.
Les juges ont également souligné l’absence d’enrichissement personnel, « quoique le clientélisme mis en place ait pu contribuer au maintien de Jean-Pierre Maggi dans ses fonctions électives », selon l’arrêt consulté par l’AFP.
Affaires de famille
Président du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) des Bouches-du-Rhône de 1997 à 2013, il avait favorisé sa compagne ainsi que le fils et le gendre de celle-ci par des embauches et promotions au sein de l’organisme. La cour a relevé que celui qui fut maire de Velaux durant plus de 40 ans et conseiller général de 1992 à 2013 s’était « inscrit dans une démarche de clientélisme qui porte atteinte à la confiance que les citoyens doivent pouvoir placer en leurs élus ».
Concernant la création par une société privée d’un centre d’entraînement à la lutte contre les feux industriels, la cour a confirmé la condamnation de Jean-Pierre Maggi pour détournement de fonds publics, en raison de la mise à disposition gratuite de trois fonctionnaires du Sdis, représentant environ 335.000 euros de salaires. En revanche, il a été acquitté au sujet d’une convention permettant à cette société d’utiliser un terrain public de 7.000 m² à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).
Son coprévenu, le colonel Luc Jorda, 76 ans, ancien directeur du Sdis, poursuivi pour complicité de détournement de fonds publics, bénéficie du même raisonnement juridique. Sa peine initiale de deux ans de prison dont un avec sursis probatoire et une amende de 75.000 euros a été réduite à une simple condamnation de douze mois de prison avec sursis.
Avec AFP






