Près d’un an après l’incendie criminel ayant coûté la vie à sept personnes à Nice, le présumé commanditaire a été interpellé en Guinée-Bissau. Mais l’absence d’accord d’extradition avec la France complique sa remise aux autorités françaises.
L’enquête sur l’incendie dramatique survenu dans un immeuble niçois dans la nuit du 17 au 18 juillet 2024 progresse. Le procureur de Nice, Damien Martinelli, a annoncé mercredi l’arrestation du commanditaire présumé, identifié en Guinée-Bissau en décembre 2024. Toutefois, son extradition vers la France demeure incertaine.
Âgé de 27 ans, né au Sénégal et domicilié à Nice, l’homme est soupçonné d’avoir orchestré l’attaque dans le cadre d’un règlement de comptes lié à un trafic de drogue. Il avait quitté la France peu après les faits. Déjà condamné à plusieurs reprises pour des trafics de stupéfiants d’envergure, il a été arrêté le 22 décembre 2024 à l’aéroport international de Bissau, sous le coup d’un mandat d’arrêt international.
Extradition ?
Malgré cette interpellation, les autorités françaises ne savent pas encore si l’homme leur sera remis. La France et la Guinée-Bissau ne disposent d’aucun accord bilatéral d’extradition, ce qui rend la procédure incertaine. Il est actuellement détenu sur place en attendant une décision des autorités bissau-guinéennes.
Le procureur de Nice a précisé que « l’enquête se poursuit pour identifier toutes les personnes susceptibles d’être impliquées dans ce drame ». Un autre suspect, le dernier incendiaire présumé encore recherché, a lui aussi été arrêté en avril en Algérie.
Suspect algérien
Le jeune homme arrêté en Algérie est de nationalité algérienne : en vertu des accords en vigueur entre les deux pays, il ne peut donc pas être extradé vers la France. Toutefois, des échanges sont en cours pour déterminer les suites possibles à cette arrestation.
« Des discussions visent à obtenir tout renseignement sur la situation de l’intéressé », a expliqué Damien Martinelli. L’enquête reste active pour faire toute la lumière sur cette affaire criminelle à forte résonance.
Sept morts
Le drame s’était déroulé dans un immeuble de Nice où trois individus avaient mis le feu dans les escaliers, dans le cadre d’un différend sur fond de trafic de drogue. Les flammes s’étaient propagées jusqu’au 7e étage, touchant une famille comorienne sans lien avec le trafic visé.
Sept personnes ont péri dans l’incendie : trois enfants âgés de cinq, sept et dix ans, un adolescent de 17 ans, deux femmes de 22 et 46 ans, et un homme de 45 ans qui a sauté par la fenêtre pour échapper aux flammes. Un autre jeune homme de 23 ans a été grièvement blessé après une chute similaire. Deux autres victimes, âgées de 17 et 19 ans, ont pu être sauvées de justesse par les pompiers.
Un travail d’enquête colossal
Les investigations ont rapidement permis d’identifier les incendiaires présumés, grâce notamment à des analyses poussées de la téléphonie. Les suspects sont âgés de 17 à 21 ans. Jusqu’ici, le parquet de Nice avait fait état de la mise en examen de deux d’entre eux, ainsi que de trois autres individus liés à la logistique de l’attaque.
Avec l’identification du commanditaire présumé, l’enquête franchit une nouvelle étape. Les autorités judiciaires espèrent désormais lever les derniers obstacles diplomatiques pour traduire tous les responsables devant la justice française.
Avec AFP



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.