Face à l’actualité judiciaire de Boualem Sansal, l’UDR retire une résolution controversée sur les accords franco-algériens de 1968 et 2013.
Le groupe parlementaire UDR d’Éric Ciotti a décidé ce jeudi de retirer de l’ordre du jour une résolution sensible visant à dénoncer les accords de 1968 et 2013 entre la France et l’Algérie. Ce retrait intervient dans un contexte diplomatique tendu, alors qu’une décision judiciaire imminente concerne l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal.
Un texte suspendu dans l’attente du verdict Sansal
La résolution, non contraignante, appelait le gouvernement à réévaluer notamment l’accord de 1968, qui accorde aux ressortissants algériens un régime spécifique en matière de circulation, de séjour et d’accès à l’emploi en France. Selon Éric Ciotti, l’intention n’était pas de rompre les liens bilatéraux mais de « réinstaller un dialogue équilibré » avec Alger.
Le député des Alpes-Maritimes a justifié le retrait par l’urgence de la situation concernant Boualem Sansal, écrivain de 80 ans, détenu en Algérie depuis novembre 2024. « Nous avons l’ardente obligation de soutenir son combat et d’éviter la poursuite du calvaire qu’il subit », a-t-il déclaré.
Une décision reportée à l’automne
Ciotti a exprimé le souhait de voir la résolution examinée à l’ouverture de la session parlementaire d’automne. En réponse, le ministre délégué au Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, a salué « l’esprit de responsabilité » du groupe UDR, soulignant l’importance de ne pas créer une escalade verbale susceptible de nuire aux efforts diplomatiques en cours.
Un écrivain au cœur d’une tension franco-algérienne
Le parquet algérien a requis mardi 10 ans de prison contre Boualem Sansal. Déjà condamné en première instance à cinq ans de réclusion le 27 mars, il est poursuivi pour des propos tenus en octobre 2024 dans un média français d’extrême droite, Frontières. Il y affirmait notamment que certains territoires algériens auraient historiquement appartenu au Maroc, ce que la justice algérienne considère comme une atteinte à l’intégrité territoriale.
Âgé de 80 ans et atteint d’un cancer de la prostate selon ses proches, l’écrivain fait aujourd’hui l’objet d’un bras de fer diplomatique entre Paris et Alger, à quelques jours du verdict prévu le 1er juillet.
Avec AFP



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