Nous ne sommes pas encore au bout de ce contentieux juridique. Néanmoins, Menton a gagné une bataille face à l’assureur SMACL dans l’affaire du musée Cocteau. L’établissement est fermé depuis presque huit ans suite à la tempête Adrian.
« Une très bonne nouvelle. » Au micro de France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur mercredi, Alexandra Masson, la maire RN de Menton, se réjouissait de la décision du tribunal administratif de Nice. Ce dernier a donné raison à la Ville dans le litige qui l’oppose à l’assureur SMACL à propos du musée Jean Cocteau.
Pour rappel, le site culturel fut inauguré en 2011 pour accueillir la donation Wunderman, la plus importante collection consacrée à cet artiste polymorphe du XXe siècle. Bâti sur le front de mer, il a encaissé de plein fouet les intempéries de 2018 et la tempête Adrian. À l’époque, 90 % des œuvres avaient pu être sauvées, mais le bâtiment, lui, n’a jamais rouvert.

Le contentieux entre la cité mentonnaise et SMACL Assurances est lié au fait que les deux parties n’ont pas réussi à s’accorder sur le montant des réparations. La commune estimait les travaux nécessaires à un peu plus de quatre millions d’euros. Son interlocuteur avait proposé une indemnisation bien inférieure.
Le dossier s’est enlisé, sachant que la compagnie contestait l’application de la « garantie catastrophe naturelle ». Selon elle, la configuration de l’édifice et son exposition aux submersions marines ont contribué au désastre. La municipalité, elle, défendait l’idée d’une responsabilité exclusive de l’événement climatique.
Plus de 3,4 millions d’euros à verser à la Ville
Et elle a fini par obtenir gain de cause. Les juges ont condamné l’entreprise à verser plus de 3,4 millions d’euros en réparation des dommages matériels à Menton. À cette somme, il faut ajouter 90 000 euros au titre des frais d’expertise, en plus de 1 500 euros dans le cadre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, ses propres demandes ayant été déboutées.
La justice souligne « l’importance du coup de mer causé par la tempête Adrian comme origine exclusive du sinistre subi par le musée Jean Cocteau et écarte toute autre cause ». De quoi mettre à mal visiblement la défense de la SMACL, qui, malgré l’emplacement du musée, « a accepté de l’assurer », alors qu’elle a fait état de cette même localisation « pour faire échec à l’application de la garantie catastrophe naturelle ».
Mais la société basée à Niort entend faire appel, estimant que plusieurs éléments demeurent contestables, comme la « non-prise en compte d’autres facteurs de survenance du sinistre ». L’affaire n’est donc pas terminée.
Menton veut « rouvrir au plus vite » le musée

En attendant, le premier adjoint au maire, Jean-Christophe Storaï, avait confié en à Menton-Presse que la collectivité avait « établi plusieurs contacts très fructueux avec Rudy Ricciotti (l’architecte à l’origine de sa conception) pour qu’il nous aide. » La municipalité veut « avancer à marche forcée sur cette question », la volonté d’Alexandra Masson étant de « rouvrir au plus vite ».






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