Municipales 2026 - Inondé lors de la tempête Adrian en 2018, le musée Jean-Cocteau est toujours fermé. La Fondation américaine, qui a donné ses œuvres à la Ville, menace d’en réclamer la restitution, estimant que les conditions d’exposition permanente ne sont plus réunies. À quelques semaines du scrutin, les candidats avancent leurs solutions dans Menton-Presse.
En 2005, le mécène Séverin Wunderman offrait à Menton la plus vaste collection au monde consacrée à Jean Cocteau. Rendez-vous compte. Près de 2.000 dessins, tableaux et œuvres diverses. Une donation assortie d’une contrepartie. Les pièces devaient être exposées sans discontinuer, dans un musée entièrement dédié à l’artiste.
Le bâtiment blanc aux lignes futuristes signé Rudy Ricciotti, inauguré en 2011 face au port, devait incarner ce rayonnement. Mais en octobre 2018, la tempête Adrian a submergé le front de mer.
L’eau a traversé la route, envahi le musée, endommagé des œuvres. Si la municipalité assure que 90 % des pièces touchées ont été restaurées, le site est resté fermé sept ans. Depuis, ses façades minérales regardent la mer sans accueillir de visiteurs.

Un différend oppose désormais la Ville à son assureur sur le montant de l’indemnisation nécessaire à la remise en état du bâtiment. La municipalité évoque plusieurs millions d’euros pour une réhabilitation, avec des adaptations liées au risque de submersion marine. Le contentieux a été porté devant le tribunal administratif de Nice.
De son côté, la Fondation Wunderman considère que la fermeture prolongée pose la question du respect des conditions de la donation. Son avocat rappelle qu’en droit, « une libéralité assortie de charges peut être remise en cause si celles-ci ne sont plus respectées. » La menace d’une restitution des œuvres est donc plus que jamais d’actualité.
Le maire, Yves Juhel (Les Républicains), a assuré que la collection n’a jamais cessé d’être visible, via des accrochages tournants au Bastion et dans d’autres sites municipaux. Il a également rappelé qu’avant même la tempête, seule une partie des œuvres (environ 20 %) était exposée simultanément pour des raisons strictes de conservation.

Rouvrir, protéger, transformer… Plusieurs visions pour Cocteau
Dans cette campagne, le musée est devenu au fil des mois un symbole. Alexandra Masson (Rassemblement national) lie directement son avenir à la protection du littoral. Elle évoque une « légitime préoccupation » et affirme avoir sollicité Richard Tomlin Jr., président de la Fondation Wunderman, pour ouvrir un dialogue constructif.
Pour elle, la priorité reste de « construire une digue anti-houle en baie Ouest afin de sécuriser durablement le musée et le front de mer. » Sans protection maritime, aucune réouverture pérenne n’est envisageable.
Sandra Paire (Divers droite) insiste sur l’identité culturelle. « Menton est la Ville Cocteau. » Elle propose une réouverture partielle, au moins du rez-de-chaussée toute l’année, et défend le maintien de la collection dans la cité du citron.

La tête de liste Un Nouvel Élan pour Menton souhaite développer des prêts et échanges avec d’autres musées pour renforcer le rayonnement international, notamment vers le Japon, et inscrire Cocteau dans une stratégie touristique « quatre saisons ».
Laurent Lanquar-Castiel (Union de la gauche sans LFI) adopte pour sa part un ton plus tranché. « La situation est lamentable. » Si une réouverture dans de bonnes conditions s’avère impossible, il n’exclut ni une reconversion du bâtiment ni un déplacement temporaire des œuvres. « Elles n’ont pas vocation à rester dans les réserves » martèle-t-il.
Florent Champion (Divers droite) rappelle de son côté les contraintes réglementaires. « Toute évolution supposerait une révision du plan de sauvegarde du secteur protégé, procédure qui peut durer entre 36 et 48 mois ! »
Le leader de Menton en action juge incertain un retour à l’identique et propose de mieux valoriser Cocteau à travers un parcours culturel réparti sur plusieurs sites, du Bastion à d’autres équipements existants.
Louis Sarkozy (LR-UDI-Horizons-Renaissance), enfin, parle d’« impasse administrative et financière » sous la municipalité actuelle. Il veut d’abord régler les blocages juridiques et budgétaires, puis « ouvrir une large concertation sur la destination culturelle du lieu. »
Le musée, la requalification de la place Fornari et le lien avec le Vieux-Menton devraient, selon lui, être pensés comme « un ensemble cohérent au service d’une ville culturellement active toute l’année. »
Qui sont les candidats à la mairie de Menton ?
- Alexandra Masson (Rassemblement national) ;
- Louis Sarkozy (Les Républicains, Horizons, Renaissance) ;
- Sandra Paire (DVD) ;
- Florent Champion (DVD) ;
- Laurent Lanquar-Castiel (Union de la gauche)
- Emilie Ria (Reconquête).










Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.