Malgré 107 élèves enregistrés au 30 mai pour la rentrée 2026, l’Éducation nationale maintient pour l’instant la fermeture d’une classe maternelle de l’école Jules Ferry à Sospel. Le maire, Christophe Brunengo, et le député, Gabriel Tomatis, dénoncent une décision « déconnectée du terrain ».
La municipalité attendait cette date avec impatience. Après la mobilisation des parents, les courriers envoyés et les soutiens politiques reçus, Christophe Brunengo espérait que les inscriptions du 30 mai permettraient de faire bouger le dossier, avec 107 inscrits à l’école maternelle Jules-Ferry pour septembre prochain.
« Je me suis dit qu’ils allaient enfin nous écouter… » confie, dépité, Christophe Brunengo dans Menton-Presse. L’édile assure pourtant avoir immédiatement transmis ces chiffres à l’inspecteur académique. « Ça n’a pas fait changer sa décision. Pour lui, il est dans la procédure. Il faudra qu’arrive la rentrée scolaire pour qu’il vienne compter sur place, mais il sera trop tard. »
Quatre classes au lieu de cinq
À ce stade, l’école passerait de cinq à quatre sections, avec des effectifs de plus de vingt-cinq par salle. Trois maintiens sont encore en attente, ce qui pourrait même porter le total à 110 enfants.
Pour Christophe Brunengo, l’incompréhension est d’autant plus forte que l’organisation à cinq unités existe depuis 2003. « Je comprends quand on part sur une base de quatre-vingt-quinze élèves, même si je ne l’accepte pas. Mais quand j’annonce 105, 107, voire 110, on ne veut pas nous croire. »

Le maire juge la situation difficilement compatible avec les objectifs affichés au niveau national. « Si je suis le ministre qui dit que les classes dans les milieux ruraux ne doivent pas dépasser dix-neuf, on en est très loin. » Il redoute surtout les conséquences en petite section. « Il faut avoir l’œil sur les enfants, les accompagner aux toilettes, s’occuper d’eux. À trente, ce n’est pas possible. »
Un précédent à Breil-sur-Roya
Gabriel Tomatis, député de la 4e circonscription, dit soutenir pleinement la commune. Il a écrit au gouvernement. « La ville gagne des habitants, des élèves et on ferme une section de maternelle. C’est proprement scandaleux » nous a-t-il martelé.
Le parlementaire y voit « une gestion Excel depuis Paris » appliquée à un village rural en pleine croissance. Il cite l’exemple de Breil-sur-Roya, où une fermeture annoncée a finalement été évitée, après mobilisation. « C’est possible de faire revenir le rectorat sur ses choix. C’est ce qu’on va demander. »
Christophe Brunengo veut encore y croire. « Je reste confiant. Je dois l’être pour mes habitants, pour les parents qui espèrent encore son sauvetage. » Selon lui, la restauration scolaire atteint aussi ses limites. « L’avenir de Sospel est plus dans la création d’une sixième classe que dans la suppression d’une cinquième…»






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