Figure emblématique de la télévision populaire des années 1980 et 1990, Évelyne Leclercq est décédée à l’âge de 74 ans à Grasse. Visage indissociable de “Tournez manège!”, elle laisse l’image d’une animatrice chaleureuse, proche du public, et d’une professionnelle marquante de l’âge d’or du petit écran.
Évelyne Leclercq est morte mardi à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, des suites d’une longue maladie. Sa fille Céline Olive a indiqué qu’elle s’était éteinte “entourée de sa famille, des suites d’une très longue maladie”, après avoir “affronté l’épreuve avec un courage hors du commun, portée jusqu’au bout par l’amour des siens”.
La disparition de l’animatrice a suscité de nombreux hommages. Le groupe TF1 a salué une “grande dame de la télévision française”, mettant en avant “sa bienveillance, son humour et son professionnalisme”, ainsi que “sa proximité avec le public”. La ministre de la Culture, Rachida Dati, a estimé que la télévision française perdait “l’un de ses visages les plus populaires et attachants”, capable d’imposer “par sa chaleur et son naturel, une proximité immédiate avec les téléspectateurs”.
Débuts précoces chez nous, à Nice
Née à l’antenne très tôt, Évelyne Leclercq avait commencé sa carrière à seulement 17 ans et demi comme speakerine pour l’ORTF Nice, en 1969. Elle se souvenait de cette première expérience en direct, sans prompteur, comme “le plus gros trac de ma vie”, au point qu’une autorisation parentale avait été nécessaire.
Elle rejoint ensuite la première chaîne dès sa création, le 6 janvier 1975, toujours comme speakerine. Entre 1976 et 1977, elle présente les qualifications nationales du concours de l’Eurovision, renforçant sa notoriété auprès du grand public.
Mais c’est au milieu des années 1980 que sa carrière prend une dimension nationale durable.
“Tournez manège!”, un phénomène !
Diffusée sur TF1 de 1985 à 1993, “Tournez manège!” fait d’Évelyne Leclercq l’une des animatrices les plus populaires de sa génération. Présentée aux côtés de Fabienne Egal et Simone Garnier, l’émission met en scène un jeu de rencontres dans lequel des candidats se découvrent progressivement, séparés par une cloison.
Elle racontait avec amusement la mécanique collective du programme : “Charly Oleg avait la séquence musicale, Fabienne les célibataires, Simone les couples, moi je faisais le lien tout du long, c’était énorme mais on se marrait”, soulignant que l’émission avait fonctionné parce que “on était vraiment des amis”.
Pour Denise Fabre, qui l’a connue dans les années 1970, “c’était l’âge d’or de la télévision française, cette émission a fait le bonheur des Français”.
Télévision, scène et musique
Parallèlement à “Tournez manège!”, Évelyne Leclercq coanime “Intervilles” sur TF1 et intervient régulièrement dans “Les Grosses Têtes” sur RTL. Elle enregistre aussi plusieurs disques, dont “Chansons d’amour” avec Charly Oleg.
Très attachée à son public, elle continue longtemps à dédicacer des photos. “J’aime bien les gens. Rencontrer les gens dans toute la France, ça me touche. Je fais un peu partie de leur famille. On a vieilli ensemble”, confiait-elle.
Après l’arrêt de “Tournez manège!”, elle se tourne vers le théâtre, jouant dans des comédies et des vaudevilles. Elle expliquait que la scène lui offrait “une reconnaissance immédiate”, en devant “séduire jusqu’à 1.000 personnes en direct”.
Télé populaire
Évelyne Leclercq renoue avec la télévision dans les années 2010, notamment sur Cash TV et IDF1, et lance également un site de rencontres. Elle restera cependant associée à “Tournez manège!”, qu’elle défendait pour son “authenticité”, sans “trucage” ni “censure”.
L’émission a accueilli environ 17.000 candidats en huit ans, donnant lieu à 42 mariages et 39 naissances. Un succès statistiquement limité, reconnaissait-elle, mais un phénomène culturel suffisamment marquant pour être parodié en 1990 par Les Inconnus avec le sketch “Tournez ménages”.



