Municipales 2026 - À moins de trois mois des municipales, la droite niçoise est loin de la « campagne d’idées » annoncée sans querelles personnelles, la rivalité entre Christian Estrosi et Eric Ciotti prenant désormais des airs d’affrontement assumé.
Les équipes du maire Horizons et du député de l’Union des Droites (UDR), allié au Rassemblement national (RN), quadrillent le terrain en dévoilant au compte-goutte quelques éléments de programme, tout en se livrant surtout à une série de petites phrases acérées.
La bataille vire parfois au registre burlesque, comme lorsque M. Ciotti promet de transformer un ancien supermarché en bowling quelques jours avant que le conseil municipal ne valide un projet similaire, ou lorsque les services sanitaires de la ville viennent contrôler puis fermer un restaurant où le député comptait tenir une réunion de campagne.
Un montage de vieilles vidéos d’Eric Ciotti, 60 ans, vantant les mérites de Christian Estrosi, 70 ans, à l’époque où il en était le bras droit, a fait les délices des soutiens du maire lors du meeting de lancement de campagne il y a deux semaines. Reste que la querelle s’est poursuivie sur le terrain des chiffres, les uns affirmant qu’ils étaient 3.000, les autres 800, dans une polémique qui a occupé plusieurs jours.
Le ton est parfois tombé plus bas encore. Fin novembre, un proche de M. Ciotti a qualifié M. Estrosi, candidat à un 4e mandat, d’ « analphabète ». Et lundi, un membre de l’entourage du maire a répliqué en décrivant le député comme un « petit candidat aussi rabougri que sa vision de Nice ».
Sur le terrain programmatique, le paysage reste peu lisible, les prétendants multipliant les réunions en petit comité - sans les médias - pour recueillir doléances et attentes des habitants.
M. Estrosi a diffusé un questionnaire pour recenser plaintes et propositions, promettant, parmi une série d’engagements participatifs, d’offrir une place éligible sur sa liste aux auteurs des deux idées jugées les plus pertinentes, afin qu’ils les mettent eux-mêmes en application.
Municipales à Nice : un duel Estrosi Ciotti qui écrase le reste du paysage
Du côté d’Eric Ciotti, les premières annonces portent notamment sur l’annulation de la hausse de près de 20% de la taxe foncière votée en 2024, ainsi que sur un projet de logements destinés aux policiers, piloté par Jean-Pierre Rivère, ancien président de l’OGC Nice et recrue de premier plan sur sa liste.
Le député UDR assure par ailleurs que cette liste officiellement sans étiquette rassemblera, en plus de quelques membres du RN, des personnalités venues du centre et même de la gauche. Si cela se confirme, les deux listes rivales pourraient afficher des ressemblances, M. Estrosi comptant lui-même dans son entourage des ex-FN/RN.
La confrontation s’annonce donc surtout personnelle, et M. Ciotti semble pressé d’affronter son ancien mentor, réclamant un face-à-face avec le maire « où il veut, comme il veut ». Ce mot d’ordre, repris comme un slogan, illustre sa volonté de provoquer ce duel direct.
Dans le camp Estrosi, on explique que le calendrier ne s’y prête pas et qu’il ne faut pas occulter les autres candidats. Mais lors d’une réunion de campagne il y a quelques jours, en présence d’une journaliste du quotidien Libération, le maire s’est affranchi de ces éléments de langage en lâchant : « Il le regrettera son débat. Il va se retrouver, lui l’élève, en face du maître (…). Les coucougnettes vont s’agiter dans tous les sens ».
Au milieu de ce vacarme, les autres têtes de liste peinent à se faire une place, plusieurs d’entre elles indiquant déjà qu’elles ne donneront pas de consigne de vote pour le second tour, jugeant les différences limitées entre les deux candidats de droite. Parmi elles figurent Juliette Chesnel-Le Roux (PS-PCF-Verts), Mireille Damiano (LFI-liste citoyenne), Hélène Granouillac (écologiste), Jean-Marc Governatori (écologiste centriste), Nathalie Dloussky (souverainiste) et Cédric Vella (Reconquête).
La presse locale, elle, a pris les devants face aux nombreux dérapages récents, entre journalistes insultés sur le terrain, pris pour cibles sur les réseaux sociaux, tenus à distance par certains candidats ou contournés par des équipes qui appellent directement leur direction pour tenter de peser sur un article.
Le club de la presse maralpin a ainsi dévoilé cette semaine une « charte de respect mutuel ». De nombreux journalistes et l’ensemble des candidats déjà déclarés l’ont signée. Reste à voir si ce texte sera effectivement respecté.
- Ce qu’il faut retenir : La campagne des municipales à Nice est dominée par le duel personnel entre Christian Estrosi et Eric Ciotti, loin des promesses initiales de débats d’idées. Leurs propositions restent encore floues alors que les petites phrases, les piques et les mises en scène occupent l’essentiel de l’espace médiatique. Les autres listes et la presse tentent de se frayer un chemin, notamment avec une charte de respect, dans un climat de tensions croissantes.
Avec AFP






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