Municipales 2026. Le maire sortant de Marseille, Benoît Payan, a officiellement annoncé sa candidature à un second mandat à la tête de la deuxième ville de France. Légèrement favori dans les sondages, l’édile divers gauche se lance dans une campagne qui s’annonce indécise, face à une opposition éclatée mais offensive, sur fond de bilans contrastés et de fortes attentes autour des enjeux de sécurité, de logement et de cadre de vie.
Sans véritable surprise, Benoît Payan est entré dans l’arène. À un peu plus de deux mois des municipales des 15 et 22 mars, le maire de Marseille revendique la continuité, tout en reconnaissant l’ampleur des défis à venir dans une ville encore marquée par de profondes fractures.
Benoît Payan repart avec l’ambition de transformer la ville sur le long terme
L’annonce du maire sortant s’inscrit dans la droite ligne de ses déclarations passées. À la tête du Printemps marseillais, coalition mêlant partis de gauche et société civile, Benoît Payan n’a jamais caché qu’un seul mandat ne suffirait pas pour « changer la ville », après vingt-cinq années de gestion menée par Jean-Claude Gaudin.
Dans une lettre adressée aux Marseillais et transmise à l’AFP, l’élu insiste sur le chemin parcouru, tout en se voulant prudent sur la suite. « Marseille a retrouvé sa voix et sa place. Oui, Marseille est de retour. Mais je le dis avec lucidité et humilité : il reste encore de grandes choses à accomplir », écrit-il, sans détailler à ce stade les axes précis de son programme.
Lors d’une conférence de presse organisée dans son futur local de campagne, l’ancien socialiste a fixé un cap volontairement large. Il dit vouloir « planter pendant le mandat qui vient les graines de ce qui va être le grand changement » et « imaginer cette ville pour les 50 ou 100 ans qui viennent ».
Une campagne marseillaise ouverte face à une opposition morcelée
Benoît Payan devra composer avec plusieurs adversaires de poids. Martine Vassal, candidate de la droite et du centre, tentera de prendre sa revanche après sa défaite de 2020. Le Rassemblement national sera représenté par le député Franck Allisio, tandis que Sébastien Delogu portera une candidature séparée pour La France insoumise.
La campagne du député LFI a toutefois été fragilisée par l’annonce de son procès prévu en juin, pour diffusion de documents privés volés à un entrepreneur, en marge d’un conflit social. Un épisode judiciaire qui vient brouiller un peu plus un paysage électoral déjà très fragmenté.
Bilan contrasté
L’accession de Benoît Payan à la mairie reste, elle, un sujet de controverse. En 2020, le Printemps marseillais avait remporté la ville avec Michèle Rubirola comme cheffe de file. Cette dernière avait démissionné quelques mois plus tard, officiellement pour raisons de santé, laissant Benoît Payan être élu par le conseil municipal, un scrutin boycotté par l’opposition de droite qui le qualifie encore de « maire non-élu ».
Depuis, l’édile, âgé de 47 ans, a consolidé sa position et gagné en popularité. Lors de son investiture, il promettait de faire de la deuxième ville de France « une ville plus verte et plus juste ». Sur ce terrain, la municipalité met en avant la création ou la rénovation de 26 parcs et jardins.
Le bilan apparaît plus nuancé concernant la pollution, liée notamment à la circulation automobile et aux paquebots de croisière. En revanche, la question du parc scolaire, longtemps dégradé, a connu des avancées avec 27 écoles construites et plusieurs dizaines annoncées d’ici 2032.
La sécurité, un thème central
Autre chantier majeur, celui du logement indigne dans une ville de près de 900.000 habitants, confrontée à plus de 40.000 taudis et autant de demandes de logements sociaux. La municipalité affirme avoir multiplié les procédures contre les « marchands de sommeil » et renforcé l’encadrement des locations touristiques de courte durée.
Ces choix n’éteignent pas les attaques de l’opposition. Le collectif « Une génération pour Marseille », soutien de Martine Vassal, dénonce une candidature précipitée et fustige « le plus mauvais maire de l’histoire de Marseille ». De son côté, Franck Allisio accuse le maire sortant d’ignorer « l’explosion de l’insécurité », du trafic de drogue et de la pression fiscale.
La sécurité s’annonce comme l’un des thèmes centraux de la campagne, dans une ville encore marquée par les violences liées aux stupéfiants et par l’assassinat, mi-novembre, du frère du militant écologiste Amine Kessaci.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP







Payan maire autoproclamé de Marseille n’a pas été élu par les marseillais ! En mars prochain, cette ville sera encore dans la rubrique faits divers de façon quasi journalière comme malheureusement une ville de règlements de compte sanglants. « Changer Marseille » c’est un peu à l’image de « Marseille en grand » … Du vent !