Municipales 2026 - Neuf élus municipaux sur dix se disent préoccupés par le changement climatique et près de sept sur dix en font déjà une priorité pour le prochain mandat. Les habitants, eux, citent surtout la crise du logement et l’insécurité.
Selon une enquête du Shift Project, les maires affirment percevoir concrètement ses effets sur leurs territoires et disent agir avant tout par pragmatisme, malgré des obstacles financiers et administratifs persistants.
Canicules à répétition, inondations soudaines, sécheresses plus longues… Pour les élus locaux, le dérèglement du climat n’est plus une projection lointaine. Il s’impose dans le quotidien des communes. C’est ce que révèle une consultation menée par The Shift Project auprès de maires et d’élus municipaux ou intercommunaux entre juin 2025 et janvier 2026.
Dans le sud-est et le sud-ouest, des élus « aux premières loges »
Au total, 87% des élus interrogés se disent préoccupés par le changement climatique. Ils sont 69% à en faire une priorité pour le prochain mandat. Plus frappant encore, plus de 99% déclarent avoir déjà constaté au moins un effet direct sur leur territoire.
Les élus du sud-est et du sud-ouest apparaissent particulièrement concernés, évoquant notamment les épisodes de canicule, les crues ou les périodes de sécheresse. « Ils sont donc aux premières loges et c’est ce qui nourrit leur engagement », explique Emma Stokking, qui a dirigé cette consultation pour The Shift Project.
L’étude insiste d’ailleurs sur un point : le « backlash » écologique, autrement dit un éventuel retour de bâton contre les politiques environnementales, « n’existe pas chez les élus locaux ». « La transition énergétique et climatique est pour eux une préoccupation centrale. »
Une préoccupation partagée, au-delà des clivages politiques
Près de 90 % des répondants estiment avoir intégré la transition énergétique et climatique dans leur action municipale, quelle que soit leur étiquette ou la taille de leur collectivité.
« C’est une préoccupation très homogène, qui dépasse les préférences partisanes, à la fois chez les élus qui se sentent une sensibilité plutôt à gauche (85%) ou plutôt à droite (88%); pour les petites communes et pour les grandes communes ; pour les territoires ruraux (86%) et pour les territoires urbains (91%)», détaille Emma Stokking.
Dans les motivations avancées, les élus évoquent d’abord le pragmatisme. Ils agissent pour améliorer la qualité de vie et la santé des habitants à 77%, et pour réduire les dépenses énergétiques à 75%.
Rénovation énergétique et transports collectifs en tête des actions
Concrètement, les priorités se concentrent sur des mesures aux effets visibles et immédiats. La rénovation énergétique des bâtiments est citée par 93% des élus. Le développement des transports collectifs recueille 83% de soutien.
Mais l’engagement affiché se heurte à plusieurs freins. Le manque de moyens est mentionné par 59% des répondants, et l’accumulation des urgences quotidiennes par 57%. Ils sont 41% à évoquer un déficit de connaissances ou de compétences. À l’inverse, la crainte de l’impopularité n’est citée que par 7% et le risque électoral par 4%.
Des entretiens menés avec une centaine d’élus font également ressortir une frustration face à l’instabilité réglementaire. Beaucoup appellent à davantage de lisibilité. Ils souhaiteraient « un guichet unique qui leur facilite les démarches », précise Emma Stokking, « c’est-à-dire un interlocuteur qui les accompagne sur l’ensemble des financements auxquels ils ont droit et sur l’évolution des réglementations. »
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP










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