Artak Margaryan a troqué le tapis de lutte pour le tablier de pizzaiolo en 2021. Installé à la tête de « Lili Tabac-Bar-Brasserie », il s’est rapidement trouvé confronté à des défis inattendus, notamment le manque de personnel. Une situation qui l’a poussé à revoir complètement son activité.
« Je suis arrivé ici il y a trois ans », raconte Artak, passionné par la restauration autant que par la lutte. « Pendant deux ans, on assurait les services du midi et du soir, avec des pizzas. Je les faisais moi-même, j’ai suivi une formation de pizzaiolo auprès d’un Napolitain. » La demande était forte dans le quartier :«Les habitants étaient heureux, il y avait une vraie demande. On avait bien développé cette partie. »
Désormais une offre snacking
Mais gérer un restaurant seul, ou presque, s’est vite avéré être un défi insurmontable pour l’ancien champion de France de lutte gréco-romaine. « C’était tous les jours, du matin au soir, avec ma femme et parfois mon papa », se remémore-t-il.
Malgré une solide organisation familiale, la charge de travail s’est montrée trop importante. Et l’embauche d’un pizzaiolo s’est révélée catastrophique. « Il m’a fait fuir les clients. Ce n’était plus pareil. »

Cette mésaventure a finalement conduit Artak à réorienter son activité. Adieu les pizzas, place au snacking. « On a dû changer, en proposant désormais des kebabs, burgers, tacos et uniquement le midi. » S’il regrette ce changement, Artak concède qu’il n’a pas eu le choix.
« Si on se concentrait uniquement sur la restauration, ça serait magnifique », reconnaît-il. « Mais il y a aussi le bar et le tabac à gérer. On a bien développé l’affaire, les voisins viennent, et certains descendent même de Gairaut. Ça attire du monde, les gens ne sont plus obligés d’aller dans le centre. »
« Les gens ne veulent plus travailler »
Le véritable frein au développement de « Lili Tabac-Bar-Brasserie » reste le manque de personnel qualifié. Une situation que déplore le gérant. « Je ne veux plus embaucher, malheureusement. Je ne trouve personne de valable, qui veuille tout simplement travailler. Aujourd’hui, c’est dur de recruter. » En tant qu’ancien lutteur, Artak aime pourtant la rigueur, la discipline et le goût de l’effort.
« On est prêt à les payer à leur juste valeur, à doubler les salaires, mais c’est toujours des excuses, des arrêts maladie…» Heureusement, l’ancien sportif de haut niveau peut compter sur Élisabeth, un pilier de son équipe.

« Elle a la niaque, elle est irréprochable sur les retards et la présence. Il n’y a pas eu un seul jour où elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas venir. Ces gens-là sont précieux. »
Aujourd’hui, le gérant ne baisse pas les bras et reste en quête de renforts. « Un bon pizzaiolo, ou même un bon cuisinier. On peut faire de belles choses ici. C’est un véritable établissement de quartier, comme à la belle époque ».
En savoir +
- Horaires : tous les jours de 7h30 à 21h30
- Adresse : 91, avenue Henry Dunant, 06100 Nice
- Contact : 04 93 57 91 25






