Dernier meeting avant le premier tour : les trois candidats investis par le parti de droite Horizons réunissaient 600 Niçois au Méridien ce 27 juin. L’occasion de battre le rappel, avec un discours ultra offensif contre « les deux extrêmes ».
Muselier : « Ciotti, laquais servile de l’extrême droite »
Comme bien des Marseillais, il sait sentir les salles, soulever les assemblées. Particulièrement en verve, le président du conseil régional Renaud Muselier lançait, sans fiches, les hostilités. Eric Ciotti, rallié pour ces législatives anticipées à Marine Le Pen ? « Il est devenu le champion du monde des crotales », un serpent venimeux à l’appellation distinguée. « C’est un lâche, un Brutus, et comme lui, il sera assassiné d’ici deux ans ».

Dans cette campagne éclair, « la gauche se sera rendue coupable d’une alliance contre-nature, alors que le président des Républicains, remisant notre héritage et la croix de Lorraine, s’est asservi, pour devenir le laquais de l’extrême droite ».
Et le patron de Provence-Alpes-Côte d’Azur de mettre en garde : « je suis ici dans une ville dont le développement est exceptionnel. Mais l’accession au pouvoir de ces gens-là ne signerait-il pas l’arrêt de mort des plans qui doivent co-financer à Nice le cinéma, les transports, la transition écologique ?»
Monetti : « la gauche ne se reconnaîtra pas dans la trahison du Front populaire »
Premier candidat à la tribune, comme de juste celui de la première circonscription - le centre, le Port, plusieurs quartiers populaires. Investi par Horizons, le parti de droite créé par Edouard Philippe, l’adjoint au maire Graig Monetti se lance dans le fief d’Eric Ciotti depuis 2007.
« On s’est retrouvés là-bas comme des kamikazes, avec des gilets pare-balles face aux extrêmes. Mais nous y sommes à notre place, à écouter les gens qui éprouvent une colère légitime ». Il reconnaît : « ces dernières années, tout n’est pas à jeter, mais nous avons merdé ». Pour autant, « je sais que vous rejetterai les idées radicales de l’extrême droite et que les électeurs de gauche ne se reconnaîtront pas dans la trahison du Front populaire ».
Pradal : « Bardella a, déjà, renoncé à ses promesses »
Deuxième candidat, celui de Nice-Nord - la IIIe circonscription, incluant Saint-André, Falicon, et La Trinité - Philippe Pradal. Le sortant. « On n’a pas tout réussi, mais ayons un peu de mémoire. Aucun autre pays n’a été aussi généreux que le nôtre pendant la crise sanitaire, puis celle de l’énergie. On a sauvé les entreprises et le pouvoir d’achat. Oui, il faut remettre de l’ordre dans les comptes. Mais avec de la crédibilité ».
Tout en torpillant le Rassemblement national de Jordan Bardella : « la baisse de la TVA, elle est promise, mais on ne sait pas quand. L’abaissement de l’âge de départ à la retraite, ce n’est plus clair non plus. Le RN innove : alors que l’on reproche aux politiciens d’abandonner leur programme sitôt élus, eux le font en ne l’ayant même pas encore été !»
Nofri : « Le RN déclenchera partout le désordre »
Après les comptes publics, la sécurité, avec Gaël Nofri, investi à Nice-Ouest - la Ve circo, qui grimpe jusqu’aux vallées. « Les discours et les promesses, nous les avons entendus. Se sont-ils traduits sur le terrain ? Nous, les élus locaux, on a bien vu que non. Des maires comme Christian Estrosi ont dû pallier les défaillances de l’Etat, avec des vigiles privés dans les cités, le développement de la police municipale, le premier réseau de vidéoprotection ».
« Aucun électeur ne veut des solutions extrêmes, aucun n’est devenu raciste. Les Français appellent au retour du bon sens. Pas à celui de la NUPES, qui revient comme un herpès. Pas avec le RN qui veut renverser la table, c’est-à-dire nous imposer partout le désordre ».
Estrosi : « avec la gauche, les vieux pots font les meilleures faillites »

« Mes amis, je sais que bien d’entre vous ont déjà voté pour le Rassemblement national et je vous dis : zéro problème ». Christian Estrosi se montre lucide, « l’arc républicain auquel j’appartiens est au plus bas, on ne va pas se mentir, on l’a vu aux européennes. Mais il vaut mieux perdre avec nos valeurs que gagner avec le déshonneur ».
« La gauche est à la dérive. Le Smic à 1600 euros. Pourquoi pas 2000 ? Et la retraite à 40 ans ? C’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures faillites… Même chose pour le RN. Des collabos pur sucre. Ils n’ont jamais changé, n’y croyez pas ».
« La dissolution était-elle la solution ? Non. J’ai été affolé de voir un homme d’Etat ne pas garder sa raison et sa lucidité » entaille le maire et meneur de la campagne centriste à Nice.
« La détestation du président de la République, je l’entends, et par certains côtés, je peux la comprendre. Il y a eu des échecs, des mesures que j’ai pu moi-même attendre et ne jamais voir venir. L’enjeu n’est plus là : dimanche, nous déciderons de qui formera le prochain gouvernement. Pour Nice, notre devoir est de ne pas manquer ce rendez-vous ».



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