- Vous lisez un épisode de “Libération, l’identité préservée”, l’un des dossiers de Nos Quartiers, le magazine qui parle de vous.
Le majestueux et imposant bâtiment qui se dresse en toile de fond de la place du Général de Gaulle est l’oeuvre de l’architecte Charles Bermond, qui le réalisa en 1908.
Une place aux innombrables noms
Recensé à partir de 1911 dans les annuaires de la ville, cet immeuble haussmannien occupe l’angle Nord-Ouest de la place, autrefois appelée « place Béatrix », lors de son inauguration au début du XXe siècle.
Un lieu successivement renommé place Gambetta, officieusement place de la Libé et enfin officiellement place du Général de Gaulle depuis la mise en place de la statue en son hommage, par Christian Estrosi en 2011. Il forme ainsi au fond de la place un arc de cercle compris entre le boulevard Joseph-Garnier et l’avenue Borriglione, avec une ample façade qui arbore une composition symétrique.
Mais pourquoi appeler « palais » un immeuble ?
« Charles Bermond a souhaité s’inspirer de l’autre palais réalisé par Charles Dalmas deux ans plus tôt, en 1906, nous révèle Christophe Predal, responsable du pôle recherche et historique de la Ville de Nice. Il n’y avait aucune obligation municipale, mais il a quand même tenu à faire édifier un bâtiment monumental, notamment au niveau des dômes. »
Des dômes qui ont d’ailleurs été reconstitués en supprimant les lucarnes originales, à la suite d’une demande de Madame Martin en 19291, sous la direction de l’architecte Frédéric Orrigo, pour surélever l’immeuble d’un étage supplémentaire.
« Quand on compare de vieilles cartes postales avec des photos actuelles, on peut apercevoir qu’il n’y a pas le même nombre d’étages (6 actuellement, 5 autrefois, ndlr).» Une anecdote qui entretient la légende de ce palais.

Une appellation d’ailleurs très répandue à Nice, comme nous l’a confirmé Christophe Predal. « Bon nombres d’immeubles bourgeois de la ville sont appelés « palais », conséquence de la traduction italienne de « palazzo », du fait du passé italien de notre ville. Et si le mot « palazzo » caractérisait les palais florentins de la Renaissance, ce terme est devenu en italien le mot « immeuble » en français. Ce qui n’a pas été le cas dans notre langue. Une chance pour une ville de villégiature comme Nice !»
Aujourd’hui, le palais Martin, considéré comme le n°5, à côté de son voisin le n°7, constitue Les Dômes de la Libération et abrite des logements et des commerces au rez-de-chaussée.
- Cf. Pss-archi.eu, article dédié - 08/09/2012 ↩︎






