Le tribunal administratif de Nice a suspendu dimanche un arrêté du président de la Métropole Christian Estrosi visant à limiter les escales de paquebots géants, estimant que cette décision dépassait ses compétences.

Le préfet des Alpes-Maritimes avait saisi en urgence la juridiction, reprochant à Christian Estrosi, président de la métropole Nice Côte d’Azur, d’avoir pris un arrêté sans en avoir l’autorité légale.

Le tribunal lui a donné raison : « seul le préfet des Alpes-Maritimes peut, dans le cadre de ses pouvoirs de police du plan d’eau, organiser les entrées, les sorties et les mouvements des navires » a précisé le TA dans un communiqué.

Une mesure déjà contestée en janvier

En janvier, Christian Estrosi avait annoncé l’interdiction des plus gros navires de croisière dans la baie voisine de Villefranche-sur-Mer. Une décision à laquelle il avait finalement renoncé fin février. Mais mercredi dernier, il avait signé un nouvel arrêté limitant à 65 par an le nombre d’escales de navires de plus de 2.500 passagers à Villefranche, et interdisant totalement les escales de navires de plus de 450 passagers dans le port de Nice.

Ces restrictions visaient à protéger la rade de Villefranche et le littoral niçois, justifiées selon l’élu par « l’urgence climatique, la protection de la biodiversité marine, la promotion d’un tourisme raisonné et la protection du patrimoine ».

Le préfet évoque des illégalités

Dès le lendemain de la publication de l’arrêté, le préfet des Alpes-Maritimes avait saisi la justice administrative, dénonçant un texte “entaché de plusieurs illégalités et de nature à compromettre l’exercice d’une liberté publique ou individuelle”. La préfecture rappelait aussi que la gestion des escales de croisière dépend de compétences partagées entre préfecture, préfecture maritime, métropole et département.

Vendredi, une table ronde s’est tenue à la préfecture, réunissant des acteurs économiques, maritimes et politiques. À son issue, les participants se sont accordés sur le lancement d’une concertation à partir de septembre pour définir collectivement les modalités d’accueil des navires de croisière sur la Côte d’Azur.

Estrosi menace de poursuites contre l’État

Christian Estrosi a vivement réagi à la décision de justice, soulignant l’importance de « protéger la santé des habitants ». Il prévient que, faute de mesures rapides de la part de l’État, la métropole pourrait « engager la responsabilité de l’État devant le juge administratif pour carence fautive ».

La suspension de l’arrêté empêche, pour l’heure, son application. Selon la métropole, cette mesure aurait concerné 12 escales de navires représentant plus de 38.000 passagers à Villefranche d’ici fin 2025, ainsi que 53 escales à Nice, pour une capacité totale de plus de 200.000 passagers.

La bataille politique se joue aussi en ligne

Sur le réseau social X, Éric Ciotti, président de l’UDR et potentiel adversaire de Christian Estrosi à la mairie de Nice, n’a pas manqué d’ironiser : « Faut-il y voir une nouvelle démonstration de l’incompétence d’un élu à la dérive, ou simplement une quête effrénée du buzz pour le buzz ? Sans doute un peu des deux », a-t-il lancé.

Le prochain paquebot de plus de 2.500 passagers attendu dans la rade de Villefranche est le Celebrity Equinox, qui faisait escale dimanche à Portofino, en Italie, avant d’arriver lundi matin sur la Côte d’Azur.

Avec AFP

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Passionné de cinéma, de littérature américaine et de balades en Italie. Diplômé d'un bachelor en journalisme depuis 2019, Niçois depuis 2012 !

1 Commentaire

Les uppercuts qu’il prend depuis quelques semaines le rendent fou et il est KO debout ..Il faut continuer à cogner, il va mettre genou à terre… ou se sauver à ….. ??