Alors que la régulation des croisières suscite un très vif débat depuis six mois sur la Côte d’Azur, le préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux réunissait cette semaine l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif : s’entendre sur un texte commun d’ici à octobre 2025.
Nice avait lancé les hostilités dès le mois de janvier, avec l’annonce de restrictions imminentes contre les géants des mers. De fil en aiguille, de polémiques en recours juridiques, plusieurs versions de ces mesures se sont succédées, sans que tout ceci ne soit très clair. Depuis, Cannes a suivi l’exemple niçois, en annonçant elle-même des limitations.
Sauf qu’un millefeuille de compétences s’impose, entre la police portuaire, la gestion des gares maritimes, le contrôle du littoral à partir d’une certaine bande… Collectivités, lobbys et commerçants tirent à hue et à dia, et le problème n’est pas résolu. Comment rendre vertueuse cette activité parfois polluante, alors que certains disent risquer la mort économique s’ils étaient privés de ses retombées ?
L’État reprend la main
Voici donc le cadre de la première table ronde organisée par le préfet Laurent Hottiaux ces derniers jours, avec le Département, plusieurs communes (Beaulieau, Cannes, Villefranche, mais Nice n’était pas représentée), la Chambre de commerce ou encore le syndicat patronal. C’est bien l’État qui mènera les prochaines discussions, et non des maires chacun dans leur coin. « Il faut sortir de ces polémiques incessantes au plus vite et fixer un cadre clair qui s’applique à tous » justifiait-t-on en préfecture vendredi soir.
Foin, donc, d’arrêtés municipaux ou métropolitains - critiqués voire attaqués en justice - pour trouver des solutions : le représentant de l’État projette d’aboutir à la signature d’une nouvelle charte maralpine avant octobre prochain. Ou d’un arrêté préfectoral.
Seront précisées les compétences de chacun et les nouvelles restrictions décidées. Mais pas nécessairement des critères de taille : un navire de forte capacité n’est pas forcément plus polluant qu’une unité plus modeste, l’industrie ayant marqué de vifs progrès ces dernières années, analysent encore les services de l’État.
LES DERNIÈRES RESTRICTIONS D’ESTROSI SUSPENDUES
Christian Estrosi avait interdit, à compter du 11 juillet, dans le port de Nice, l’amarrage, l’embarquement et le débarquement des passagers des navires de croisière dont la capacité d’accueil excédait 450 passagers ainsi que, à compter de la même date, l’embarquement et le débarquement dans le port de Villefranche – Santé des passagers des bateaux avec plus de 2 500 passagers. L’arrêté limitait à 65 par an, et dans la limite d’une seule unité de croisière par jour, le nombre d’escales autorisées dans le port de Villefranche – Santé. Le texte avait été déféré presque immédiatement par le préfet. Ce dimanche 13 juillet, « le juge des référés a estimé que le président de la Métropole Nice Côte d’Azur n’était pas compétent pour édicter de telles mesures ». Et « constatant que ces mesures avaient pour effet de compromettre la liberté d’aller et venir et la liberté du commerce et d’industrie, (il) a suspendu (leur) exécution. » « Seul le préfet des Alpes-Maritimes peut, dans le cadre de ses pouvoirs de police du plan d’eau, organiser les entrées, les sorties et les mouvements des navires. »









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