- Vous lisez un épisode de « Libération, l’identité préservée », l’un des dossiers de Nos Quartiers, le magazine qui parle de vous.
Issu d’une famille napolitaine installée à Nice depuis quatre générations, Manuel Papa, 57 ans, est l’un des visages les plus connus - et parmi les plus appréciés ! - du marché de la Libération.
Difficile, voire impossible, de faire plus de 100 mètres aux côtés de Manuel Papa sans être intercepté au moins une fois.
« Oh Manu, tu vas où comme ça ?» fuse au coin d’une rue. « Ici, tout le monde m’appelle comme ça, sourit-il. Libé, c’est un quartier que j’ai dans le coeur. »
Sa famille est arrivée ici pour vendre des citrons
Il faut dire que son banc, coloré comme une oeuvre d’Henri Matisse, ne laisse personne indifférent. Des pommes, des poires, des oranges, des clémentines, des fraises, des citrons… Chez Manu, c’est un peu le paradis du fruit.
« J’ai commencé à aider mon père à l’âge de 20 ans. Il voulait que je travaille avec lui pour m’éviter de faire des bêtises »
« Je ne propose que des fruits. Mais à l’autre bout du marché, j’ai un deuxième banc tenu par ma fille, qui vend des légumes et des pommes de terre. » Vendre sur les marchés, une histoire de famille.
« Je baigne dans cet univers depuis plus de 35 ans. Mes aïeux sont arrivés de Senerchia (petite bourgade de Campanie, près de Naples, ndlr) avec des charrettes pour vendre des citrons sur le cours Saleya » raconte ce père de quatre enfants, tous installés à Nice.
« J’ai commencé à aider mon père à l’âge de 20 ans. Il voulait que je travaille avec lui pour m’éviter de faire des bêtises. »

En ce mardi matin ensoleillé d’avril, Manuel Papa est évidemment présent derrière son banc. Toujours prêt à conseiller ses clients. « J’ai la chance d’avoir d’excellents habitués, qui me font confiance. »
À la tête du restaurant Le Duclin avec sa femme
À peine les derniers étalages rangés, peu après 13 heures sur la place du Général de Gaulle, que Manuel Papa enfile son casque, monte sur son scooter et dévale les quelques mètres qui le sépare de son restaurant, Le Duclin. Un établissement qu’il tient avec sa femme depuis vingt ans, autrefois baptisé Le Dauphin Bleu.
Quinze minutes après avoir vendu ses dernières dattes que Manuel Papa a déjà deux plats du jour entre les mains, prêt à servir les gourmands. Une vie à cent à l’heure qui n’est pas pour lui déplaire.
« Je dessine énormément, des portraits, des paysages. Je fais aussi beaucoup de jardinage. Cela me permet de méditer, de faire ma thérapie »
« D’habitude je me mets derrière le bar, mais là, notre apprentie est malade et notre serveuse est en vacances. Alors il faut bien que j’épaule ma femme. » Le Duclin, un établissement typiquement niçois, avec des plats du jour et un chef passionné. Et, évidemment, des produits frais venus tout droit du marché d’à-côté.
Un destin qui n’était pourtant pas tout tracé ! Étudiant dans le génie civil, dans sa jeunesse, « Manu » se destinait à vivre d’art, son autre passion. Mais « les barrages, les routes, ce n’était pas mon truc. »

Le marché a donc raisonné comme une évidence dans sa tête. Sans pour autant s’éloigner de sa passion. « Je dessine énormément, des portraits, des paysages. Je fais aussi beaucoup de jardin. Cela me permet de méditer, de faire ma thérapie. »
Dans sa maison nichée non loin du Vallon des Fleurs, celui qui se laisse encore « une bonne dizaine d’années » avant de laisser sa fille aux commandes des deux bancs du marché de la Libération, occupe son temps libre en allant à la salle de sport ou en taillant ses rosiers et ses cyprès.
Avec, toujours, au plus profond de lui-même, une pensée pour la terre de ses ancêtres. Senerchia, là où tout a commencé. Là où sa famille a transmis de génération en génération les valeurs du travail et l’amour des marchés.



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