Le directeur des rédactions de Nice-Matin, Denis Carreaux, quitte le groupe. Il sera remplacé par Baptiste Bize, actuellement directeur départemental de la Nouvelle République dans les Deux-Sèvres, a annoncé jeudi la direction du quotidien.
Ancien rédacteur en chef du Parisien, Denis Carreaux avait pris la tête de Nice-Matin en 2009. Il était resté en poste lors de la reprise du titre en coopérative par les salariés en 2014, puis après le rachat du groupe par NJJ, la holding de Xavier Niel, en 2019.
L’annonce, faite dans la matinée, a suscité de vives réactions au sein de la rédaction, déjà marquée par des rumeurs persistantes en l’absence de M. Carreaux, officiellement en arrêt maladie.
Réunie en visioconférence à la mi-journée, la rédaction a voté une grève immédiate pour dénoncer « la méthode et le signal envoyé dans le contexte de la réorganisation » et faire part de son « inquiétude pour l’indépendance éditoriale » des trois journaux : Nice-Matin, Var-Matin et Monaco-Matin, selon un communiqué du SNJ.
Tension et grève à Nice-Matin après l’annonce du départ de Denis Carreaux
Les représentants de la rédaction devaient rencontrer la direction dans l’après-midi afin d’échanger sur la situation. Ce départ intervient dans un contexte social particulièrement tendu, marqué par le projet d’un centre d’impression commun avec La Provence à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et par la détérioration des conditions de travail, conséquence de nombreux départs non remplacés parmi les 160 journalistes.
Les trois quotidiens régionaux avaient déjà été absents des kiosques à deux reprises en mars, puis de nouveau en septembre, le jour même de l’édition spéciale célébrant les 80 ans de Nice-Matin.
Selon la direction, Baptiste Bize « aura pour mission de poursuivre le développement éditorial et numérique » des trois journaux, « en cohérence avec la stratégie de transformation engagée par le groupe pour renforcer son ancrage régional et son rayonnement digital ».
À Nice, le maire Christian Estrosi (Horizons) a salué M. Carreaux comme « un interlocuteur respectueux du pluralisme et un soutien de l’activité économique locale ». De son côté, Eric Ciotti (UDR) l’a remercié « pour ces années consacrées à informer les Niçois et les Maralpins avec passion et rigueur ». Des réactions de circonstance qui ne disent rien des vrais rapports entre les uns et les autres.
Avec AFP






