Il y a un mois, Jacques ouvrait son Comptoir Méditerranéen, rue Auguste Gal. Après plusieurs expériences dans la restauration, il lance une sandwicherie accompagnée d’une petite épicerie de produits du terroir. Rencontre avec cet amoureux de la cuisine du Sud, dans un quartier en pleine évolution commerciale.
Les spécialités niçoises attirent toujours autant les restaurateurs. Malgré la concurrence, Jacques Albiser a choisi de tenter sa chance et s’est tourné vers le pan bagnat et les recettes sudistes revisitées dans des baguettes. Le 7 avril, il reprenait un petit local occupé par une rôtisserie en plein cœur du quartier Riquier. Autour de son comptoir, une déco simple, avec quelques tables roses et de petites plantes, dans des tons pastel. En fond, on est accueillis par une playlist apaisante.

« Je voulais que les clients puissent se détendre pour leur pause déjeuner ». Une esthétique épurée sans négliger la patte locale : un tableau représentant le Negresco et des bières du Comté, à côté des fameuses chips à la socca.


Pour la cuisine, Jacques mise tout sur ses encas. En vitrine, il y en a quatre, aux côtés de deux wraps et deux salades. Évidemment, le patron inclut le pan bagnat dans sa carte, déjà victime de son succès, « je dois souvent en refaire dans la journée !».
Il ne vend rien au-dessus de 9,50 euros. « Je veux rester accessible, ne pas être dans la grande gastronomie ». Le jeune homme a fait ses armes du côté des hôtels étoilés de la Riviera, comme le Grand-Hôtel du Cap Ferrat, et exerçait chez des traiteurs avant d’être chef privé.

« Je n’ai jamais autant vu mon père depuis que je suis ici »
Jacques est à la fois le gérant et seul employé du Comptoir. Avant d’être entrepreneur, il a pris goût à la cuisine, dès qu’il a pu user de ses mains. « Enfant, j’adorais regarder ma mère préparer à manger ».
« Je voulais l’aider, alors je gardais les épluchures de ses légumes et je rajoutais du ketchup. Ensuite, elle devait goûter !» raconte-t-il en grimaçant. Mais il croit en lui et n’abandonnera jamais cette passion. Jusqu’à se former au lycée Paul-Augier.

« Après plusieurs années dans un parcours classique, je voulais lancer mon propre restaurant pour rendre hommage aux recettes qui m’ont suivi tout au long de ma vie ».
« Quand j’ai ouvert, j’avais peur de beaucoup moins voir mes proches, mais c’est tout le contraire. Avec mes amis, on fait des soirées après le travail. Et mon père vient souvent me rendre visite. Finalement, je ne l’ai jamais vu autant qu’ici !»
« On ne peut pas tricher dans le quartier »
« J’ai pu m’installer à Riquier grâce à mon réseau. Ici, c’est un centre commercial à ciel ouvert. J’ai saisi ma chance ».

« Le challenge, c’était de se faire accepter, au-delà de la cuisine : les riverains ont leurs petites habitudes. Si une enseigne réputée part, la remplacer reste difficile. C’est aussi pour ça que je fais ces sandwichs : ça crée un lien avec les gens, qui reconnaissent leur culture niçoise ».

Pour l’instant, le défi semble relevé : « beaucoup reviennent, notamment pendant leur pause. On est déjà plusieurs à se tutoyer, à se raconter les histoires du coin ».
« Je trouve que Riquier est bien plus dynamique que l’on pourrait croire. L’attractivité de la place du Pin est en train de découler sur nous. Et l’arrivée des résidences de tourisme nous rend un peu plus visibles ».
En savoir +
- Le Comptoir Méditerranéen
- 17, rue Auguste Gal, Riquier, Nice






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