Devant des professionnels du secteur cette semaine, Eric Ciotti a appelé à « dégraisser les normes et libéraliser le marché » : des discussions qui pourraient contribuer, aussi, à un futur programme municipal.
Qui a dit que les agents immobiliers ont toujours la belle vie sur la Riviera ? Jeudi, le député UDR du centre-ville réunissait un panel de professionnels pour un point de situation aux allures de groupe de parole. Les couacs nationaux, surtout, se font sentir : taxes écrasantes, lois dépassées, marché sinistré… Les attentes bien plus locales n’ont pas manqué pour autant.
Le Département 06 ne fera pas grimper la facture
Alors que la quasi-totalité des départements cède au chantage du gouvernement en augmentant les droits de mutation (« frais de notaire »), le Département des Alpes-Maritimes s’y refuse !
Avec @ca_ginesy, nous faisons le choix de maintenir le taux à 4,5 %, sans alourdir la… pic.twitter.com/WBApFAigbe— Eric Ciotti (@eciotti) March 13, 2025
Eric Ciotti a tout de même entamé les échanges avec sa bonne nouvelle : le Conseil départemental, dont il dirige la commission des finances, a choisi de ne pas toucher aux frais de notaire, malgré le feu vert de l’Etat. « Nous renonçons à 50 millions d’euros de nouvelles recettes, certes, mais avec le président Charles Ange Ginésy, nous n’avons pas voulu freiner le frémissement de l’activité que l’on ressent depuis quelques mois ».
« Nous avons un principe simple, celui de ne pas dépenser l’argent que nous n’avons pas. C’est l’inverse de ce que fait la mairie : elle dépense sans compter, et taxe sans limite »
Justement, à écouter la dizaine d’agents immobiliers présents, les contraintes s’accumuleraient - trop - à Nice. Dans le viseur, l’imposition des résidences secondaires, au maximum possible (« du coup, nos investisseurs quittent la ville pour d’autres coins de la région ») mais aussi, et surtout, le serrage de vis des meublés touristiques.
Haro sur les restrictions contre Airbnb
L’un des patrons d’agences : « la municipalité de Christian Estrosi se lance dans un virage absurde. Restreindre les Airbnb pour rendre des logements aux Niçois. Ça n’a aucun sens : les locaux ne reviendront pas dans la vieille-ville. Qui pourrait vivre à l’année place Rossetti ? Vous seriez réveillé trois voire cinq fois chaque nuit à cause des bars et des restaurants ».
A contrario, il défend une autre idée : « il faudrait laisser le Vieux-Nice, la vitrine touristique, aux investisseurs, qui participent à la rénovation des immeubles. Par contre, en dehors, il faudrait sévèrement alourdir la taxe sur les logements vacants, et réduire les obligations. Je connais des immeubles entiers qui sont vides depuis vingt-cinq ans, alors que l’on nous explique qu’on ne sait pas où caser les gens…»
Autre souci, soulevé par un professionnel spécialisé dans les entreprises : « aujourd’hui, l’envie des boîtes, c’est de s’installer dans le centre. Mais il n’y a pas d’offre, pas d’annonce de projets. L’Arénas, c’est solide, mais pas nécessairement le reste de la Plaine du Var, qui fait peu rêver ».
Attractivité et qualité de vie
Le tableau est loin d’être tout noir pour autant : parmi les bons points, tous reconnaissent l’attractivité et la qualité de vie niçoises, et la « relative stabilité dans le temps de la taxe foncière » — tout en taclant sa hausse récente.
Pas d’annonce particulière au terme des débats, mais Eric Ciotti a promis de « batailler contre le matraquage fiscal, notamment ici, de dégraisser les normes et de libéraliser le marché ». La campagne des élections municipales débutera en septembre : « d’ici là, avant de faire connaître mes intentions, je consulte tout le monde…»



Franchement, je ne suis pas de gauche, mais Ciotti m’insupporte, prêt à bouffer à tous les rateliers pour grapiller des voix. Ce « premier de la classe fayot » veut libéraliser le marché ? On va donc construire des immeubles en front de mer maintenant pour faire plaisir aux promoteurs ?