À la veille des vacances d’été, une grève des contrôleurs aériens paralyse les aéroports français, affectant des centaines de milliers de voyageurs.
Près d’un millier de vols sont annulés ce vendredi en France, en particulier dans les aéroports parisiens, en raison d’un second jour de grève des contrôleurs aériens. Ce mouvement social perturbe sérieusement le début des vacances d’été et la fin de l’année scolaire.
Une grève qui touche plus de 500.000 voyageurs
Le ministre des Transports Philippe Tabarot a dénoncé la situation vendredi sur CNews : « Il faut se rendre compte qu’hier et aujourd’hui, 272 personnes vont impacter le bien-être de plus de 500.000 personnes. C’est inacceptable. »
Le mouvement a été lancé par deux syndicats minoritaires, l’Unsa-Icna (17 % des voix) et l’Usac-CGT (16 %), qui dénoncent un sous-effectif chronique et des conditions de travail dégradées. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) recense environ 1.000 vols annulés ce vendredi, après 933 la veille.
Voyageurs bloqués, hôtels annulés, vacances compromises
À Orly, Sabrina Taristas, 42 ans, cherche des solutions : « Si je reste jusqu’à dimanche, est-ce qu’il y aura un hôtel pris en charge ? On comprend la grève, mais c’est très pénalisant pour nous. »
Bruno Percepied, 63 ans, se montre fataliste : « Je sais qu’en France on est pris en otage à Noël et pendant les vacances, même si on bosse. Je ne suis pas énervé, mais je n’apprécie pas. »
Lara, 30 ans, devait se rendre à Berlin avec son conjoint : « Notre vol de jeudi soir a été annulé. On avait repris des billets pour vendredi, mais ils ont aussi été supprimés. On a dû prendre le train en urgence, avec un surcoût de 100 euros. »
De nombreux touristes ont annulé des nuitées d’hôtel, notamment à Paris et Nice. « C’est un très mauvais signal pour l’étranger », alerte Véronique Siegel (Umih). « Les compagnies essaient de reloger leurs clients, mais c’est le chaos. »
Une grève aux répercussions européennes
Airlines for Europe (A4E) estime à 1.500 le nombre total de vols annulés jeudi et vendredi sur l’ensemble du continent. Environ 300.000 passagers européens sont concernés.
L’Union des aéroports français dénonce une « stratégie de blocage systématique, qui sacrifie l’intérêt général sur l’autel de revendications difficilement justifiables ».
La grève survient alors qu’une réforme est en cours dans les tours de contrôle, après un grave incident à Bordeaux fin 2022, où deux avions ont failli entrer en collision. Un pointage obligatoire à la prise de poste est désormais exigé, provoquant la colère syndicale.
L’Unsa-Icna pointe « un sous-effectif entretenu, des outils obsolètes et un management toxique, incompatible avec la sérénité et la sécurité requises ».
Le premier syndicat d’aiguilleurs, le SNCTA (60 %), n’a pas appelé à la grève, préférant rester en retrait de ce mouvement.
Avec AFP



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