L’ancien président du tribunal suprême de Monaco, Didier Linotte, est en garde à vue depuis lundi dans le cadre d’une enquête pour trafic d’influence. Cette affaire s’inscrit dans une saga politico-judiciaire complexe qui secoue la principauté depuis plusieurs années.
- Mise à jour, mercredi 19h : L’ex-président du tribunal suprême de Monaco Didier Linotte inculpé pour corruption (avocat)
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L’information a été confirmée mercredi par son avocat, Me Pascal-Pierre Garbarini, après une révélation du quotidien Nice-Matin. Didier Linotte, 77 ans, est une figure judiciaire de premier plan à Monaco. Il a présidé pendant onze ans la plus haute juridiction de la principauté, jusqu’à sa révocation par le prince Albert en août 2023.
Une affaire née des mystérieux « Dossiers du Rocher »
L’enquête s’inscrit dans le prolongement des accusations publiées en 2021 sur un site anonyme baptisé « Dossiers du Rocher ». Ce site accusait de collusion quatre proches de longue date du prince Albert II, dont Didier Linotte, son avocat personnel Thierry Lacoste, et son ancien comptable Claude Palmero.
D’abord soutenus par le souverain, les quatre hommes ont été progressivement écartés du pouvoir en 2023. Ils affirment que ces révélations seraient une manœuvre orchestrée par Patrice Pastor, héritier d’un empire immobilier local, en raison de leurs oppositions à ses ambitions économiques. La fortune de Pastor est estimée à plus de vingt fois celle de la famille princière.
Une trentaine d’enquêtes autour de liens opaques
La justice monégasque explore désormais les ramifications de cette affaire. Environ trente enquêtes sont en cours pour démêler les relations entre les anciens proches du prince et plusieurs familles de promoteurs immobiliers, dont les Marzocco et les Caroli, rivales de Pastor.
Dans ce cadre, l’attention se porte particulièrement sur une décision judiciaire de 2020 rendue sous la présidence de M. Linotte. Le tribunal suprême avait alors condamné l’État monégasque à verser 136 millions d’euros, hors intérêts, à la société Caroli, pour l’abandon du projet immobilier de l’Esplanade des pêcheurs.
Une décision « collégiale », selon l’avocat de Linotte
« C’est une fable », a réagi Me Garbarini, soulignant que la décision avait été rendue « par cinq des sept membres du tribunal suprême », et non par M. Linotte seul. Ce dernier est également connu pour avoir été avocat, professeur de droit et recteur de l’académie de Nice.
Outre M. Linotte, plusieurs autres protagonistes de l’affaire ont déjà été entendus. Claude Palmero, ex-comptable du prince, a été placé six fois en garde à vue. Toutefois, seules deux personnes, considérées comme secondaires, ont pour l’instant été mises en examen dans le volet parisien de l’affaire, lié au piratage de mails ayant nourri les « Dossiers du Rocher ».
Avec AFP






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