Elle se fond presque dans le décor, comme une évidence au milieu des ruelles anciennes. La chapelle Notre-Dame-de-Protection, posée à l’écart des remparts du Haut-de-Cagnes, ne cherche pas à impressionner par son architecture. Sa façade sobre, sans fioriture, raconte pourtant une histoire séculaire, où l’art et la foi se mêlent intimement…
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« C’est vraiment une chapelle de campagne, une église très simple dans son aspect extérieur. Et c’est justement ce qui fait tout son charme » souligne Emeric Pinkowicz, conservateur des musées de Cagnes-sur-Mer.
Des fresques médiévales redécouvertes par hasard !
L’édifice, reconstruit au XVe siècle, cache en son cœur un trésor inattendu : des fresques uniques, situées à la croisée du Moyen Âge et de la Renaissance. Leur sujet, une Vierge de miséricorde, illustre la profonde dévotion des habitants du Midi envers celle qui protégeait autrefois les communautés rurales.

Longtemps oubliées, ces peintures furent recouvertes d’un simple badigeon au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Elles ne furent redécouvertes qu’en 1937, lorsqu’un prêtre, en entreprenant des travaux, vit apparaître sous la chaux des fragments de couleurs.
« Depuis, elles ont été restaurées une première fois à la fin des années 30, puis plus récemment par la Ville, qui a permis de retrouver l’éclat originel des pigments » explique Emeric Pinkowicz.
Grande richesse picturale
À l’intérieur, le visiteur découvre une atmosphère saisissante, où la sobriété des murs blancs met en valeur l’intensité des fresques. Leur harmonie et leur équilibre contrastent avec la relative austérité de la bâtisse.

« Ce n’est pas une chapelle spectaculaire par son architecture, mais par la richesse picturale qu’elle recèle » insiste le conservateur.
Restaurées avec minutie, les peintures offrent aujourd’hui un témoignage rare du passage de l’art médiéval à celui de la Renaissance, au cœur d’un « village » lui-même marqué par les siècles.




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