Une étude de l’Insee publiée mardi dresse le portrait des Français les plus aisés : souvent cadres ou travailleurs indépendants, vivant en couple sans enfant et disposant de revenus élevés, de biens immobiliers, d’assurance vie, de placements et d’un patrimoine professionnel.
Pour définir ce que l’Insee appelle « hauts revenus », sont pris en compte l’ensemble des revenus imposables ainsi que les prestations sociales, après déduction des impôts directs, en intégrant la taille du ménage.
En 2022, un foyer sur 1.000 en France, soit un peu plus de 40.000 ménages, est considéré comme un « foyer à très hauts revenus » lorsqu’il perçoit plus de 463.000 euros, réside majoritairement en région parisienne (48%) et se compose dans 82% des cas d’un couple marié ou pacsé.
Parmi les 100 salariés les mieux rémunérés du pays, plus d’un tiers (36%) sont des sportifs professionnels, souligne l’étude.
Très hauts revenus : un petit nombre de foyers aux ressources très diversifiées
Les ressources des « très riches » se révèlent particulièrement variées, combinant salaires ou pensions, bénéfices professionnels comme ceux tirés de terres agricoles, revenus fonciers et capitaux mobiliers (actions, parts d’entreprises, assurance vie, contrats de capitalisation, etc.). Même si ces revenus sont plus volatils, notamment sous l’effet des crises économiques de 2009 et 2012, les écarts de revenus se sont encore accentués en vingt ans.
En 2003, « les foyers à très hauts revenus gagnaient 21 fois plus que les autres foyers », contre « 31 fois plus » en 2022, relève l’enquête présentée mardi. Ces ménages touchaient également « 95 fois plus que les foyers les plus modestes en 2003 », un rapport passé à « 167 fois plus en 2022 », selon l’Institut national de la statistique.
Au sein des très hauts salaires, définis comme des rémunérations supérieures à 10.219 euros nets par mois, les femmes ne représentent qu’environ un quart du total (24%), alors qu’elles comptent pour 42% des salariés en équivalent temps plein en 2023.
Les plus aisés cumulent généralement « un haut niveau de vie », c’est-à-dire, pour une personne seule, faire partie des 10% les plus riches avec plus de 39.100 euros de revenus disponibles par an, et un « haut patrimoine » supérieur à 716.300 euros.
Dans la majorité des cas, ces foyers ont « entre 50 et 69 ans » (51%), sont « cadres ou indépendants » (58%), vivent « en couple sans enfant » (47%) et résident plutôt dans l’agglomération parisienne (38%), précise encore l’Insee.
« Les inégalités de patrimoine sont plus fortes que les inégalités de niveau de vie » et « l’augmentation des prix de l’immobilier a contribué à augmenter les disparités », observe Michel Duée, chef du département des ressources et des conditions de vie des ménages à l’Insee.
- Ce qu’il faut retenir : L’Insee dresse le profil des foyers à très hauts revenus en France, minoritaires mais concentrés en région parisienne et disposant de revenus très diversifiés. Ces ménages gagnent des montants très supérieurs au reste de la population, et les écarts avec les foyers modestes se sont nettement accrus depuis vingt ans. Ils se caractérisent par un patrimoine élevé, des biens immobiliers importants et un profil social marqué par l’âge, la catégorie socioprofessionnelle et la vie en couple sans enfant.
Avec AFP






