Le navire de croisière MSC Orchestra était immobilisé hier dans la rade de Marseille. En cause, une grève des marins menée par la CGT pour défendre le pavillon français en Méditerranée, qui perturbe fortement le trafic maritime et pénalise plusieurs milliers de passagers. Derrière ce blocage, le syndicat dénonce une concurrence jugée déloyale et réclame une intervention directe de l’État.
La scène se joue depuis lundi matin au large de Marseille. Impossible pour le MSC Orchestra d’entrer au port, malgré une escale prévue de longue date. Le navire, en provenance de Barcelone, reste à l’ancre, bloqué par l’action de marins en grève.
Un navire immobilisé et des milliers de passagers impactés
Selon la CGT marins, le blocage est alors total. Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins de Marseille, précise qu’une solution alternative a été proposée au navire, avec un débarquement possible à Toulon.
Du côté de MSC Croisières, les conséquences sont lourdes. Dans un communiqué, l’armateur indique que depuis lundi matin, 600 passagers français attendent de pouvoir embarquer ou débarquer, tandis que 2.200 passagers en transit se sont vu refuser toute visite de la ville de Marseille. Une frustration d’autant plus forte que le navire avait, un temps, obtenu l’autorisation d’entrer dans le port.
« Bien qu’ils aient reçu l’autorisation d’entrer dans le port cet après-midi, le navire a de nouveau été bloqué alors qu’il s’approchait », souligne MSC Croisières, qui appelait les autorités françaises « à trouver une solution ».
La grève s’inscrit dans un cadre plus large. La CGT marins avait déposé la semaine précédente un préavis de grève de 48 heures, débutant lundi matin, avec un objectif affiché de « sécuriser les emplois », notamment au sein de compagnies comme Corsica Linea et la Méridionale.
La défense du pavillon français au cœur du conflit
Au cœur des revendications, le pavillon français en Méditerranée. Le syndicat dénonce l’arrivée de compagnies opérant sous pavillon étranger sur des lignes stratégiques, reliant le continent français au Maghreb et à certaines destinations corses. La CGT évoque une concurrence qu’elle juge déloyale, reposant sur des conditions sociales moins favorables pour les marins.
« Les marins de ces bateaux n’ont pas de contrats français et sont payés entre 650 et 1.200 dollars par mois. Contre ça, on ne peut pas lutter », s’insurge Frédéric Alpozzo. Il réclame une action ferme de l’État pour contraindre les compagnies à respecter la législation française lorsqu’elles « viennent s’installer en France ».
« Il n’est pas normal que ces compagnies puissent utiliser un pavillon international », insiste encore le responsable syndical. Parmi les revendications avancées figurent notamment l’arrêt des autorisations d’escale de Corsica Ferries sous pavillon international italien entre Sète et les ports corses, l’interdiction de ce pavillon sur les lignes territoriales françaises à passagers, ainsi qu’un engagement écrit de l’État garantissant le financement des délégations de service public maritimes Corse-continent jusqu’en 2030.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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