Entre météo capricieuse et arbitrages budgétaires, la saison touristique en France a connu un été contrasté : des séjours plus courts, moins de dépenses de loisirs, mais un dynamisme marqué pour Paris et la Côte d’Azur.
Le Grand Paris a accueilli 6,4 millions de visiteurs internationaux en juillet-août, un niveau stable par rapport à 2023, selon l’Office de tourisme. « C’est plutôt positif, sans être la panacée », commente sa directrice générale Corinne Menegaux, rappelant que l’été n’est pas la période la plus forte pour la capitale.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les taux d’occupation hôteliers ont progressé cet été. La fréquentation des locations saisonnières a augmenté de 2%, celle de l’hôtellerie de plein air de 3%, selon le Comité Régional de Tourisme.
Un contexte économique et climatique pesant
François de Canson, président du comité régional, note une baisse des clientèles européennes (Allemagne, Pays-Bas, Italie) et un contexte économique et géopolitique défavorable. Les touristes privilégient désormais la flexibilité, réduisent la durée de leurs séjours et limitent leurs dépenses en restauration et activités.
Se balader en montagne en plein été, ça c’est le Sud ! ☀️
— Région Sud (@MaRegionSud) August 27, 2025
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À Palavas-les-Flots, Christian Dauphin, ouvrier venu d’Auvergne avec son fils, raconte : « On a fait un compromis : on a pris un hôtel à cinq ou six kilomètres d’ici. Je ne pense pas qu’on pourrait se payer une semaine ici ». Le prix des consommations illustre cette tendance : « À 7,5 euros la glace, c’est un peu le coup de bambou ».
Des restaurateurs en grande difficulté ?
Selon l’Umih, la fréquentation des restaurants a reculé de « 25 à 30%» cet été. « Chaque jour, 25 établissements ferment leurs portes », alerte son président Thierry Marx, pointant des charges toujours plus lourdes, des prix répercutés sur les cartes et une clientèle étrangère partiellement détournée de la France.
Pour Vanguélis Panayotis, expert de MKG Consulting, « les vacanciers ont arbitré et sont allés vers des destinations moins chères et moins classiques ». Le milieu rural et la montagne, longtemps en retrait, en profitent désormais davantage.
Montagne et campagnes en regain d’attractivité
Le groupe Pierre & Vacances observe ainsi une hausse des taux d’occupation en montagne et à la campagne, malgré une légère baisse de la durée moyenne des séjours. Les épisodes de canicules ont aussi poussé les vacanciers à rechercher la fraîcheur.
Sur Airbnb, Paris reste la première destination en France, mais le directeur général France, Clément Eulry, constate « un fort intérêt pour les séjours en pleine nature » notamment chez les voyageurs allemands, qui ont plébiscité montagne, côte méditerranéenne et Bretagne.
Septembre, le nouvel été touristique
« Septembre s’impose de plus en plus comme un moment privilégié pour partir, en profitant de tarifs attractifs et d’une affluence plus légère », souligne Vanessa Heydorff, directrice générale de Booking.com en France, évoquant un « été indien » qui prolonge la saison.
Avec AFP



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