Dix drones sous-marins de pointe viennent de plonger au large de Villefranche-sur-Mer pour ausculter notre Méditerranée. Cette escouade autonome, déployée de façon inédite, donne le coup d’envoi d’un vaste programme national de cartographie des fonds marins.
À la conquête des grands fonds et de leur écosystème ! Au large de Villefranche-sur-Mer, une drôle de flotte a été déployée pour un mois en Méditerranée, entre la France et la Corse, nous informe Tribuca. En ce début d’été, une opération inédite de recherches subaquatiques est menée par le CNRS et Alseamar, société spécialisée dans le domaine de la technologie sous-marine.
L’entreprise a conçu dix planeurs - dont la valeur à l’unité est de 250 000 euros - qui sont envoyés en mission au large de la baie villefranchoise. Que viennent-ils y faire ? Ils observent les réactions du plancton face aux petits tourbillons et autres perturbations, et l’influence de ces dernières sur le bruit dans la Grande Bleue.
Des données inédites récoltées jusqu’à 1 000 mètres sous l’eau
Ce programme est également l’opportunité de constituer un atlas de données environnementales dans cette partie de la Méditerranée. Les drones, appelés SeaExplorer, permettent de cartographier les évolutions de la biodiversité jusqu’à 1000 mètres de profondeur. Le tout avec une excellente résolution.
Redécouvrir l’espace maritime, qui représente encore bien des mystères, est l’un des enjeux de « France 2030 », le plan d’investissement initié en octobre 2021 par le président de la République Emmanuel Macron. Le dispositif finance plusieurs actions comme celle-ci, pour un total de 54 milliards d’euros.
Une « meute » de robots sous-marins pour une opération scientifique historique
Le projet ici marque un tournant scientifique. En effet, il s’agit de la plus importante escouade d’appareils autonomes jamais mobilisée en France pour une telle mission de collecte. Les engins de deux mètres de long sont équipés de capteurs, cinq consacrés à l’acoustique, et cinq pour mesurer les paramètres physiques et biologiques. Ils sont pilotés de manière synchronisée et se déplaceront en « meute ». Ils peuvent rester en autonomie jusqu’à 125 jours.
Au global, ce volet de découverte de nos mers et océans est doté d’un budget de plusieurs centaines de millions d’euros. Sachez que la Côte d’Azur n’est qu’un premier arrêt. Il est aussi prévu que la flotte scrute les fonds du golfe du Lion à l’été 2028, avant de gagner la Polynésie française d’ici à 2029. En ligne de mire pour 2030, un immense index qui servira de base pour mieux appréhender l’univers marin…






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