À Menton, derrière les cortèges spectaculaires et les jardins métamorphosés par la Fête du Citron, une armée discrète travaille toute l’année, à l’abri des regards, dans les anciens abattoirs municipaux…

C’est là, dans ces vastes hangars, que bat le cœur de l’événement. Les dix chars y dorment, en attendant d’entrer en scène dans quelques jours… Mais avant de se pavaner lors des corsi, ils sont choyés. Depuis de nombreux mois, agents municipaux et intérimaires sont sur le pont pour contribuer au succès de la Fête du Citron (du 14 février au 1er mars 2026).
Dans un atelier, Florelle Roux façonne la matière. Accessoiriste, elle travaille le plastazote, une mousse dense, résistante aux intempéries, qu’elle découpe, moule et assemble. À première vue, on croirait voir naître un fruit. En réalité, c’est un épi de blé grandeur nature, destiné à être tenu par un personnage.


« Ce sont souvent de petits éléments, mais mis bout à bout, ça donne les grands motifs » souffle-t-elle, concentrée à la tâche à l’approche de sa première Fête du Citron. Depuis septembre, elle façonne fleurs, feuilles, papillons et autres décors. « Le lieu aide beaucoup à créer. Il y a une atmosphère particulière ici…»
Quelques mètres plus loin, Audrey Ferrari est penchée sur une tête monumentale. Quatre mètres par quatre. Un T-Rex, qui trônera dans les jardins. Artiste peintre de formation, spécialisée dans le trompe-l’œil, elle travaille pour la Ville depuis 2010.
T-Rex et tigre géants peints à la main !
« Là, on est vraiment dans le volume. Il faut penser le relief, la lecture à distance. » Une pièce comme celle-ci lui demande une dizaine de jours. Cette année, elle a réalisé la majorité des têtes, qui seront pour une grande part des animaux.

Girafes, aras, hérons, et un tigre géant, une première sur le festival. Une trentaine de pièces, certaines en double ou en triple. « On en met moins que les années précédentes, mais elles sont plus grandes. »
Dans l’atelier d’assemblage, Mathieu Fouilhe soude, renforce et ajuste. Serrurier de métier, il est là depuis treize ans. Son rôle ? Faire tenir ensemble ce qui doit être beau, mais surtout solide. « Le fruit, ça pèse. Les contraintes mécaniques sont réelles. »

Il assemble les chars, fixe les structures, renforce les points faibles. « Ce qui est beau n’est pas toujours solide, et inversement. Il faut trouver le juste milieu. » Depuis novembre, il s’affaire à la tâche, après avoir enchaîné avec les décors de Noël. « Le sprint final approche » sourit-il. « Les fruits arrivent dans quelques jours. À partir de là, il faut que tout soit prêt. »
Quand les agrumes seront installés, d’autres mains prendront le relais. Un travail d’orfèvre ! Chaque année, ce sont ces gestes-là qui permettent à Menton de rayonner bien au-delà des frontières de la Riviera.









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