Une bonne part des pharmacies azuréennes baissent le rideau ce jeudi 18 septembre. Dans un département déjà frappé par 40 fermetures définitives en dix ans, la mobilisation contre la casse du modèle économique des officines atteint un niveau inédit. Et la colère gronde.
Une chose est sûre : ce jeudi, trouver une pharmacie ouverte sur la Côte d’Azur risque de relever du parcours du combattant ! Près de 95 % des officines des Alpes-Maritimes devraient suivre le mouvement intersyndical contre la réduction brutale des remises liées aux génériques. Un taux encore plus élevé qu’en août, où une autre mobilisation avait déjà dépassé les 90 %.
Face à ce front quasi-unanime, l’État a cru bon de réquisitionner une quinzaine d’établissements.
Pharmaciens en résistance face au rouleau compresseur administratif
Le bras de fer ne date pas d’hier. Entre 2014 et 2024, 40 officines ont disparu dans les Alpes-Maritimes, étranglées par des réformes successives. Pour beaucoup, la baisse des marges sur les génériques sonnerait comme un coup de grâce. Dans les zones rurales déjà minées par les déserts médicaux, la survie de la pharmacie de proximité est tout simplement menacée.
Les pharmaciens dénoncent un décret qui ignore la réalité du terrain : loin des bureaux ministériels, les comptoirs sont souvent la dernière porte ouverte pour des patients. Moins de revenus, c’est moins de personnel, moins de conseils, et à terme, la fermeture pure et simple de l’officine.
Soutien politique sur le terrain à Antibes
Cette semaine, la sénatrice et conseillère départementale d’Antibes, Alexandra Borchio Fontimp, est allée afficher son soutien aux professionnels. À la pharmacie du Roy Soleil, elle a ainsi pu échanger avec Sophie Plassit, pharmacienne engagée, et Philippe Delaye, coprésident du syndicat SG 06.
La parlementaire, figure de la droite maralpine, ne mâche pas ses mots : ce décret est, selon elle, « une erreur » que le prochain gouvernement (toujours pas nommé) doit corriger sans attendre. Elle y voit un acte de bon sens, un geste attendu par des Français déjà en difficulté pour se soigner. « Les remises sur les médicaments génériques fragilisent l’équilibre économique des pharmacies », insiste-t-elle, soulignant que chaque fermeture accélère la désertification médicale.






