400 ouvriers s’activent chaque jour pour faire sortir de terre le futur Hôtel des Polices, dont la livraison sera un brin plus tardive qu’annoncé.
C’est, en matière de sécurité, l’un des chantiers les plus scrutés de toute l’Europe. D’ici quelques mois, Nice rassemblera les forces de l’ordre municipales et nationales dans un écrin high tech de 220 millions d’euros (dont 170 réglés par l’État).
Il faut parcourir ses coursives, dédales et galeries pour s’en faire une idée : l’immeuble, maousse, est en bonne partie déjà monté. Aménagé dans l’ancien hôpital Saint Roch, il en conserve la façade monumentale ainsi que la fameuse cour intérieure, cernée de colonnades. Les travaux ont certes très bien avancé… mais le calendrier ne sera pas tout à fait tenu.
Budgets, remaniements… Comment l’État a traîné

C’est un Christian Estrosi agacé qui en a fait l’annonce devant quelques journalistes, ce vendredi 1er août. « Nous évoquions une livraison des parties les plus importantes pour la rentrée 2025, voire tout début 2026. Finalement, nous serons davantage sur octobre 2026. J’aurais préféré qu’il en soit autrement !» a soufflé le maire de Nice. « Les étages qui accueilleront la police municipale seront terminés dans les temps, mais il faut attendre la nationale pour que l’ensemble soit ouvert au public…»
« Une série d’aléas explique ce décalage » dévoile encore l’édile. L’état des sols, qui a nécessité des opérations qui n’avaient pas été anticipées par les études préalables. L’instabilité politique, que même madame Irma n’aurait pas prédit : « je rappelle que les remaniements se sont enchaînés, et qu’un gouvernement est même tombé avec son budget. Depuis un an, le poste de superviseur du chantier n’est même plus pourvu par l’État » s’agace-t-il encore.

Surtout qu’une histoire de gros sous n’arrange rien. « La Ville a avancé des frais pour combler les lacunes et les retards de l’État en différentes étapes. Résultat, il nous doit encore environ 34 millions d’euros…» Une douloureuse qui aura entraîné un glissement des finitions. Pas arrangeant non plus pour ce qui est du calendrier électoral : on imagine bien que Christian Estrosi aurait préféré inaugurer ce projet phare au coeur de la prochaine campagne des municipales.
Des équipements impressionnants

Reste que le vaisseau prend forme et ne manque pas d’impressionner. Sur deux niveaux, le futur centre d’hypervision payé par la municipalité sera doté d’un mur d’écrans étalés sur quatre-vingt mètres carrés. On y suivra quelquefois des situations de crise (risques majeurs, évènements,…) et le reste du temps une infinité de capteurs : images des 4000 caméras, trafic routier, niveau des eaux, pollutions diverses et variées, etc.

Du côté des nationaux, les capacités de gardes à vue grimpent, avec une multiplication par cinq du nombre d’individus qui pourront être placés au ballon.
Le cortège officiel n’a pas manqué de faire un crochet par le parking creusé sous l’Hôtel mutualisé, avec 570 emplacements pour les véhicules sérigraphiés. Dehors, l’actuel souterrain, Marshall, accueillera les voitures des personnels, sur deux à trois niveaux. Une réponse aux attaques du rival Eric Ciotti ces derniers jours, le député estimant le projet très mal fagoté pour ce qui est du stationnement.



Bref c’est loin d’être finit a vouloir faire 50 chantiers en même temps pas étonnant non ?