Municipales 2026 - À Toulon, la députée RN du Var Laure Lavalette est donnée nettement en tête au premier tour des municipales, mais l’issue du second tour dépendrait largement des désistements et de la configuration finale.
Dans la course à la mairie de Toulon, Laure Lavalette fait la course en tête. Mais, derrière ce chiffre, un autre élément pèse déjà lourd : la mécanique des alliances et des désistements qui pourrait transformer une avance confortable en match serré au second tour.
Second tour incertain
Selon un sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV/Nice-Matin, publié lundi et réalisé auprès de 826 personnes, la candidate du Rassemblement national (RN) recueillerait 41% des intentions de vote au premier tour, devant la maire sortante Josée Massi à 27% et le sénateur LR Michel Bonnus à 14%. A gauche, la liste de Magali Brunel est créditée de 12%, LFI de 6%.
La projection pour le second tour varie fortement selon les scénarios. En cas de triangulaire avec le maintien de la liste PS/PCF/EELV, Laure Lavalette l’emporterait. En revanche, elle serait battue en cas de duel face à Josée Massi (53% contre 47%), gagnant de justesse à 51% face à Michel Bonnus.
Or, dans cette configuration, les désistements annoncés par les adversaires peuvent tout changer. Donnée largement première du premier tour, la victoire pourrait être moins facile qu’espéré, ses deux principaux rivaux - la maire sortante et le candidat LR, issus de la même majorité - ayant promis de se désister s’ils arrivaient en troisième position.
« Laure se présente sans étiquette »
Dans le Var, la campagne ne se joue pas seulement à Toulon. Marine Le Pen, en déplacement ce week-end dans le Var, ne s’y est pas trompée, sonnant la mobilisation dans un département qui compte 7 députés RN sur 8, et où seule la circonscription de Toulon avait empêché le chelem aux législatives de 2024.
Pour Hoel Henry, jeune militant de 29 ans, « la visite de Marine, ça rassure les gens qui s’inquiètent que Laure se présente sans étiquette ».
Jusqu’alors, la députée, ancienne porte-parole de Marine Le Pen et membre du bureau national, avait mis sous le tapis ses 30 ans de militantisme, effaçant toute référence au RN dans une campagne « positive et joyeuse », entre selfies et coeurs avec les doigts.
En face, ses concurrents l’accusent d’avancer « masquée », ce dont elle se défend dans un rire sonore, se définissant comme « une étiquette à (elle) toute seule ».
Massi et Bonnus face au « scénario de 95 »
Dans ses réunions publiques, « Laure, mère de famille de 49 ans » comme elle se présente, évite soigneusement les sujets nationaux ou clivants, une manière, selon ses détracteurs, de faire oublier le « traumatisme » de la « gestion calamiteuse » de Jean-Marie Le Chevallier, premier maire FN élu en 1995 à la tête du principal port militaire français.
Le sénateur LR Michel Bonnus, adoubé à la surprise générale en septembre par l’ancien maire Hubert Falco, toujours très influent et qui avait dans un premier temps sollicité son ex-première adjointe Josée Massi, attaque frontalement : « Ce serait un vrai désastre d’avoir Lavalette. La politique du RN serait dramatique pour une ville de 180.000 habitants ».
Josée Massi, devenue maire en mai 2023 après la démission d’Hubert Falco, ex-LR devenu macroniste condamné dans une affaire de détournement de fonds, s’est installée dans une posture singulière. La septuagénaire, qui se décrit comme une « femme ordinaire », a refusé de rentrer dans le rang. Le maintien de sa candidature a fait voler en éclats « son image de Mamie Nova », selon les termes d’un de ses opposants à gauche.
Depuis, la « trahison » passe mal, y compris chez certains électeurs de droite : « j’ai toujours voté Falco mais là, je ne digère pas », témoigne Monique, 68 ans, qui votera « sans hésiter pour Mme Massi » car « ce qu’ils lui ont fait n’est pas correct ! »
Comme Michel Bonnus, Josée Massi a néanmoins promis de se désister si elle arrivait troisième le 15 mars : « On ne peut pas rejouer le scénario de 95. On a vécu, on sait. On ne jouera pas à ça, ni lui ni moi. Non seulement, c’est possible de gagner mais on va battre Lavalette », assure-t-elle.
A gauche en revanche, la socialiste Magali Brunel refusera tout « retrait systématique » tout en prenant « le risque RN très au sérieux ».
Classée « divers droite » par le ministère de l’Intérieur, Josée Massi revendique une liste non partisane, tandis que son adversaire LR la situe au « centre gauche ». « Le matin, je me réveille à l’extrême droite et, le soir, je me couche à l’extrême gauche », s’amuse la maire sortante, qui a obtenu le soutien de personnalités de la culture, du comédien Charles Berling comme de la chorégraphe Régine Chopinot, présente sur sa liste.
Ce qui est important
- À Toulon, Laure Lavalette est donnée largement en tête au 1er tour (41%), mais son sort au 2nd tour dépend fortement d’un duel ou d’une triangulaire.
- Josée Massi et Michel Bonnus promettent un désistement en cas de 3e place, ouvrant la voie à un « front républicain » contre le RN.
- La campagne se tend autour du souvenir de 1995 et des équilibres locaux hérités de la majorité Falco, avec une gauche qui refuse un « retrait systématique »
Nice-Presse avec agence










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