Elle donne l’impression d’avoir été construite hier ! Son architecture moderne, atypique pour un bâtiment religieux, a de quoi surprendre. L’église Saint-Joseph de Riquier a même été surmontée d’un terrain de sport pour les prêtres. Aujourd’hui, elle est particulièrement fréquentée par les gens du quartier. Depuis trois ans, Vincent Bottin en est le curé. Visite privée.
Derrière son apparence curieuse et bigarrée, se révèle un intérieur bien plus sobre où la majorité des murs sont blancs. Encore plus étonnant pour une église, en général chargée d’ornements religieux.«Toutes les statues et peintures ont été progressivement enlevées, explique le curé Vincent Bottin, dans le but de revenir à une grande simplicité, à du purisme ».

Cette page blanche a un vrai sens. « Il y avait beaucoup d’œuvres issues de l’art abstrait, sans figures humaines et divines. On les a remplacées au profit de représentations plus ‘évidentes’ de la religion. Et on a choisi un artiste local pour les réaliser, Hugo Bogo. Il y a quatre ans environ, il a réalisé soixante-dix mètres carrés de peinture murale ».

Des transformations pour le moins inattendues
Depuis sa consécration en 1911, alors que l’église est déjà séparée de l’Etat depuis six ans, Saint-Joseph connaît plusieurs épisodes marquants.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle est largement dégradée. Elle sera reconstruite le temps de plusieurs décennies. En 1962, le toit de l’église est aménagé pour y loger les prêtres. C’est à ce moment que l’ensemble du décor et du mobilier d’origine est retiré. La « nouvelle version » est inaugurée en 1965, avec des salles au-dessus du chœur, ce qui n’est vraiment pas commun. Le « coin sport » ouvert sous les toits non plus…

Il faudra attendre 2010 pour que la nouvelle croix soit érigée sur un clocher de cinquante-quatre mètres de haut. Le site fait aujourd’hui partie de la Paroisse Sainte-Famille.
« On fait partie de la vie des riverains »
Saint-Joseph peut accueillir « quatre cents personnes » affirme le curé Bottin. « La plupart sont des gens du coin. Je finis par les connaître. On fait partie de la vie des riverains. Ceux que nous baptisons habitent à côté ».
La zone a connu une longue phase d’expansion, avec l’arrivée de la gare de Riquier et le développement du Port Lympia, tout proche. Tout ceci attire des ouvriers en grand nombre, qui fréquenteront Saint-Joseph avec assiduité.
« Il y a peu de touristes, contrairement à la cathédrale du Vieux-Nice et la basilique de Jean-Médecin. Ici, cinquante à cent cierges sont allumés au quotidien. Et le dimanche, les messes sont pleines ».

Mais il faut s’adapter à de nouvelles pratiques. « Il n’y a plus seulement des personnes âgées qui participent, ça s’est diversifié. Nous baptisons pas mal de jeunes adultes maintenant. Dix depuis janvier. Par le passé, c’étaient trois ou quatre dans l’année ».
« C’est une tendance nationale depuis la pandémie en 2020 : à tout âge, les gens ont pris le temps de se questionner et beaucoup se tournent vers la spiritualité pour trouver des réponses. »





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