Monument historique depuis 1987, la cathédrale Saint-Nicolas a été inaugurée en 1912. Le chef de ce projet, qui est le plus grand édifice de ce genre hors de Russie, était Mikhaïl Preobrajenski.
Vous n’avez pas pu passer à côté. Sur l’avenue Nicolas II, un bâtiment différent de tous les autres décore le paysage niçois. Vous l’aurez deviné, nous parlons ici de la cathédrale orthodoxe Saint-Nicolas.
La construction de cette grande église remonte à 1903. Néanmoins, il faut fouiller un peu plus loin pour en comprendre les raisons. Durant la guerre de Crimée (1853-1856), une importante communauté russe s’installe dans la capitale maralpine.
Dans le style « vieux-russien »

Mais en 1896, l’institution religieuse qu’elle occupe devient trop petite. Dans un premier temps, il est question de l’agrandir, mais cela sera finalement abandonné. On décide plutôt de bâtir un nouvel édifice. Ce projet sera soutenu et financé en partie par le tsar Nicolas II et par l’impératrice douairière Marie Feodorovna.

L’architecte Mikhaïl Timofeievitch Preobrajenski se voit confier cette mission. Comme pour ses précédentes œuvres, il souhaite instaurer un style « vieux-russien ». Il se rendra plusieurs fois à Nice, mais des confrères azuréens suivaient de près l’avancée des travaux, notamment Hippolyte Chevalier et Lucien Barbet.
Neuf années de travaux

La première pierre fut posée le 25 avril 1903, sur un terrain donné par le tsar lui-même, pour une fin de chantier neuf ans plus tard. L’inauguration a eu lieu le 17 décembre 1912, sachant que le coût total pour la bâtisse fut supérieur à 1,5 million francs-or de l’époque.
Pour ce qui est de l’architecture, rappelons que le choix des matériaux fut particulièrement soigné : des briques inaltérables de la région rhénane, la taille des marbres par des lapicides italiens, les majoliques bleu-pastel et tuiles polychromes de Florence et de Blois.
Au sujet des fresques intérieures et de l’iconoclaste, le travail fut confié à Pianovski, un membre talentueux de l’École de peinture Stroganoff.
Entre tradition et modernité

Entre tradition et modernité, la chapelle possède une ossature en béton, mais aussi six coupoles vertes en forme de bulbe. L’assemblage avec la brique rose, le marbre noir et la peinture blanche forme un alliage se mariant très bien avec le bleu azur du ciel.
On peut ajouter que l’église a été imaginée suivant un plan en croix grecque. Deux porches jumeaux reliés par le clocher viennent compléter le tout. À l’entrée, on distingue l’aigle à deux têtes, blason de la famille impériale russe.

À l’intérieur, l’ornementation est splendide, avec tout d’abord l’iconoclaste en bois recouvert de bronze et de cuivre doré à la feuille d’or, qui accueille les précieuses icônes. Les murs eux ont été peints avec les couleurs bleue et d’or. On y observe des frises végétales, de style Art nouveau. Celles-ci décorent les soubassements et les voûtes.

Soulignons que depuis 2011, l’édifice est revenu dans le giron de Moscou, après de très longues discussions. C’est d’ailleurs la plus grande construction de ce type hors de Russie connue aujourd’hui. En 2020, elle a terminé 14e au concours du « Monument préféré des Français ».




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