Comment faire face à la crise du logement ? À Nice, le groupe Crequy propose des solutions en redonnant vie à des bâtiments anciens. L’un de ses projets ? La surélévation d’un immeuble dans le centre-ville avec la création de trois logements neufs.
Il n’a jamais été aussi dur de se loger, en particulier dans notre cité. Les loyers sont les plus élevés de France (en dehors de Paris) et les annonces immobilières se font de plus en plus rares. Et si pour répondre à cette problématique les immeubles étaient surélevés ?

Trois appartements supplémentaires
Le groupe Créquy, spécialisé en rénovation urbaine, réhabilite l’ancien, notamment en surélevant des bâtiments. C’est ce qui a été fait le long de l’avenue de la République en centre-ville.
Un immeuble a été rehaussé d’un étage permettant la création de trois logements (sur douze au total) à loyer modéré. Un bâtiment ancien en pierre « a déjà des qualités intrinsèques supérieures à un en béton » détaille Hervé Tillier, président du groupe. « Celui-ci date de 1830, il va avoir deux cents ans ».
Cette initiative semble donc être l’une des solutions face à la crise du logement. Toutefois, cette technique est particulièrement compliquée à réaliser, et surtout, elle coûte cher. « Ça prend du temps mais ça permet de faire des immeubles de qualité, bien positionnés. Le projet République, on l’a acheté auprès de la ville en 2019. On doit aussi reloger les personnes qui sont au dernier étage ». Parmi les difficultés : notre cité est « une des rares villes de France à être en zone sismique 4 «.

Le prix des travaux sur la surévaluation reste donc un des gros sujets. « Ça coûte beaucoup plus cher que de construire du neuf » continue Hervé Tillier. « Par exemple ici, le prix des travaux secs, c’est-à-dire hors taxes, ingénierie, architecture, assurances, on est à plus de 3.000 euros le m2″.
Une opération qui vaut le coup d’après le groupe : « ces logements sont plus qualitatifs, ils s’inscrivent dans une durée plus longue. On est sur un immeuble de 1830, sa qualité intrinsèque est supérieure à un immeuble neuf en béton des années 70. Dans cinquante ans, lequel sera le moins abîmé ? Mon pari c’est l’ancien ».
Construire la ville sur la ville
Le groupe Créquy réalise plusieurs opérations à Nice. « Il y a eu dans le quartier Pasteur neuf logements conventionnés, huit autres avenue Durante, Malaussena dans de l’ancien…» précise Anthony Borré, premier adjoint au Maire de Nice.
La métropole azuréenne souhaite encourager les surélévations de bâtiments. Celle-ci a d’ailleurs identifié 500 projets potentiels, dont 4.700 logements à terme.«Je ne dis pas que ça va être simple de le faire, il va falloir, pour ce qui concerne le parc privé, aller convaincre les copropriétaires que ça présente un intérêt. Ici (le République) nous avons l’illustration type sur un immeuble qui appartenait à la Ville ».

« C’est un dispositif qui nous apparait intéressant : il est adapté à la situation et répond aux enjeux environnementaux, y compris d’isolation ». À cela s’ajoute le fait que ces projets s’inscrivent surtout sur des zones où la desserte de transports en commun est immédiate.



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