Les élus départementaux, gauche comprise, ont autorisé ce lundi 12 février le président Charles Ange Ginésy à déposer plainte contre une association qui soutient notamment les réfugiés. Le militant David Nakache réagit dans nos colonnes.
Quelques lignes à la toute fin de l’ordre du jour, en cette séance plénière de rentrée. Le président des Alpes-Maritimes a demandé à l’assemblée délibérante son accord pour attaquer en justice « Tout Citoyens ». Le Service Presse du CD06 n’a pas souhaité nous indiquer pour quelle raison, mais RCF Radio l’explique dans cet article.
La collectivité reprocherait au collectif marqué à gauche ses critiques contre sa prise en charge des migrants et évoque la diffusion de fausses informations, dans la presse et via un communiqué.
« Ce que nous avons souhaité dénoncer, c’est que le Département met à la rue des exilés évalués majeurs qui ont besoin de soins médicaux » explique à Nice-Presse le président de « Tous Citoyens » David Nakache.

« Je vous donne deux exemples : une jeune fille enceinte, ou un garçon blessé au mollet et qui doit être opéré. En principe, même s’ils sont majeurs (donc plus de la compétence de la collectivité, qui doit s’occuper des enfants, ndlr) le conseil départemental attend, l’espace de quelques jours, que la première soit prise en charge à l’hôpital ou dans un foyer Jeunes mamans, et que le second soit admis pour son opération ».
« Or, nous avons des cas où le Département des Alpes-Maritimes a connaissance de sujets médicaux lourds, ce qui ne l’empêche pas de mettre à la rue ces jeunes. On a cinq situations à l’esprit, dont un exilé sous surveillance médicale après une embolie pulmonaire, que le CD06 a cessé de prendre en charge avant la fin des dix jours indiqués par le médecin ».
« Le Département évoque des ‘fugues’ de certains jeunes » explique encore David Nakache. « Cela concerne ceux qui n’ont pas été estimés mineurs, donc qui ne seront plus accompagnés par la collectivité, dans un hôtel ou un foyer. Dès lors, ils savent qu’à l’issue de leur rendez-vous au CADAM, la police les attend pour les conduire en centre de rétention (CRA). C’est là qu’ils partent, par peur. Donc il y a des ‘fugues’, mais on sait pourquoi !»
« Le conseil départemental dépose plainte pour faire diversion, histoire de ne pas s’expliquer sur les raisons de la mise à la rue - indirecte - de jeunes avec des béquilles, enceintes, confrontés à des problèmes de santé graves… Ces exilés ont été mis en danger, le sujet est là ». Des exemples mensongers, selon l’administration dirigée par Charles Ange Ginésy. La justice tranchera.



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