Un trou béant de plusieurs dizaines de millions d’euros et une gestion vertement recadrée par les magistrats financiers secouent la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ce mercredi. La Chambre régionale des comptes vient de publier un rapport cinglant sur les immenses dérives pécuniaires entourant les quatre éditions du Grand Prix de France courues au Castellet entre 2018 et 2023…
Une sortie de piste à plusieurs dizaines de millions d’euros sur le bitume varois. Le bilan comptable de l’aventure automobile sudiste ressemblerait à un champ de ruines financier. Mercredi, les magistrats de la Chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont dressé un inventaire accablant de dérives structurelles ayant entouré la compétition reine des sports mécaniques sur le circuit Paul Ricard du Castellet.
Les nombreuses collectivités locales concernées se trouvaient regroupées au sein d’un Groupement d’intérêt public de grande envergure. La liquidation officielle de cette structure publique a été péniblement actée en mars 2024. Ces différents acteurs territoriaux se disputent désormais âprement la répartition et le remboursement d’une ardoise abyssale atteignant 35,7 millions d’euros.
Idée « tout à fait légitime » mais retombées trop faibles
L’institution financière régionale résume ce gâchis avec une grande fermeté en soulignant explicitement que « 102,9 millions d’argent public auront été mobilisés pour organiser quatre épreuves de Formule 1, sans que les retombées économiques soient avérées. »
L’idée initiale de ramener cette compétition mondiale dans l’Hexagone restait pourtant « tout à fait légitime » aux yeux des contrôleurs publics. Cependant, les retours sur investissement n’ont jamais atteint les cimes promises. Les organisateurs du projet espéraient 120 millions d’euros de gains.
Les magistrats évaluent ce montant réel à 75 millions d’euros sur l’ensemble de la période. Ils constatent avec sévérité que les « retombées économiques ont été sensiblement surévaluées », en pointant directement un « modèle économique non soutenable ».
Xavier Lefort, le président de la juridiction, note que les prévisions pêchaient lourdement dès leur conception. Le dirigeant précise avec lucidité : « Tout le monde savait que ce serait déficitaire et nécessiterait de l’argent public ». L’obligation de payer une redevance annuelle faramineuse de 23 millions de dollars au groupe britannique Formula One Management plombait inexorablement la rentabilité.
Une étude secrète pour amener la course… à Nice

Au-delà des simples erreurs de stratégie, le système recelait des pratiques douteuses. Les enquêteurs ont mis au jour une dizaine de marchés « conclus à l’issue de procédures irrégulières ». Ces accords commerciaux ont été validés sans aucune publicité préalable ni mise en concurrence réglementaire.
Dans le viseur des auditeurs figurent notamment 430 000 euros dédiés à l’achat d’espaces médias. Un autre montant colossal de 1,23 million d’euros a été englouti entre 2017 et 2022 pour du « conseil en organisation de grand évènement sportif. »
L’opacité s’est également invitée dans la sphère stratégique. Un contrat de 550 000 dollars a été discrètement paraphé en 2022, à l’insu absolu du conseil d’administration. La moitié de cette somme a effectivement été versée pour financer une étude du groupe britannique Formula One Management.
Cette commande portait très exactement sur « la faisabilité d’un Grand Prix à Nice ». La capitale azuréenne était alors dirigée par Christian Estrosi, l’élu cumulant cette fonction exécutive avec la présidence du groupement gérant le circuit varois.
Le rapport institutionnel insiste sur la nature de cette initiative niçoise. La chambre qualifie cette dépense comme étant totalement « hors de l’objet statutaire » de l’organisme.
En parallèle de ces découvertes administratives, le parquet de Marseille poursuit depuis 2023 une enquête judiciaire approfondie visant des faits de favoritisme et de détournement de fonds.
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« Rémunérations généreuses »
Les « défaillances de gouvernance » ciblent très directement l’ancienne équipe dirigeante. L’institution épingle une véritable flambée de la masse salariale. Le budget consacré aux équipes est passé d’un modeste 1,1 million d’euros à 2,8 millions d’euros entre les années 2018 et 2022. Le document dénonce une évidente « politique de recrutement et de rémunération généreuse ».
Le nouveau directeur général, recruté au cours de l’année 2020, percevait un salaire annuel de 338 000 euros. Ses divers frais annexes interpellent tout autant les observateurs publics chargés du contrôle de légalité.
Les magistrats relèvent 25 700 euros dépensés exclusivement en hôtellerie pour la seule année 2021. À cela s’ajoutent des dédommagements liés aux trajets domicile-travail qui n’étaient absolument pas inscrits dans les termes de son contrat.
Ces largesses institutionnelles touchaient d’autres échelons de la hiérarchie. Un simple cadre disposait d’une carte bancaire professionnelle, un avantage matériel formellement interdit par les statuts liés à son poste. Les rapporteurs taclent finalement avec sévérité les nombreuses « commodités accordées aux dirigeants qui ne paraissaient pas spécialement vigilants sur l’économie des moyens ».
Nice-Presse avec dépêche





Les niçois vont être obligés de payer pour les malversations de ceux qui en ont responsables. Ils ont profité de leur position pour engranger des profits et des bienfaits. Ces individus doivent rendre des comptes : tous ! 🇲🇫
On sait ce que ça coûte aux niçois, mais„ le grand argentier, Estrosi il a gagné combien malgré le désastre ? 🇨🇵
Que des gagnants dans ce grand prix, sauf les Niçois.