Depuis dix-huit mois, Hervé Laubertie est à la tête de Team Nice Côte d’Azur, l’agence chargée de l’attractivité et de la promotion économique du territoire. Avec des atouts majeurs comme son aéroport international, son écosystème tech en plein essor et des projets ambitieux dans des secteurs stratégiques, la Métropole niçoise attire chaque année de nouvelles entreprises. Interview.
- Lire notre dossier spécial : NICE INNOVE !
Quelles sont les principales missions de Team Nice Côte d’Azur ?
L’agence est chargée de la promotion du territoire sur son volet économique (nous en développons le bilan 2024 dans cet autre article, NDLR). Notre mission est de promouvoir Nice et sa Métropole au-delà de ses frontières, en France et à l’étranger, avec l’objectif de convaincre des entreprises de s’y implanter.
Nous avons des secteurs d’activités prioritaires, sur lesquels nous nous concentrons davantage. Deux axes prioritaires : la promotion et la prospection. Notre équipe de commerciaux va à la rencontre des entreprises à travers des salons et une kyrielle d’événements. L’agence compte une dizaine de personnes. En 2024, nous avons obtenu vingt-cinq décisions d’implantations, un record sur les dix dernières années !
Quelle proximité, quelle concurrence avec Sophia-Antipolis ?
Nous sommes complémentaires ! Ce sont deux territoires très différents. Les éléments de comparaison sont finalement assez limités. Sophia-Antipolis est un technopôle dédié aux technologies de pointe, avec une forte concentration d’ingénieurs et d’experts dans des secteurs très techniques. À Nice, nous avons une grande métropole, avec une centralité forte, une accessibilité différente et des infrastructures adaptées à d’autres types d’implantations.
« Les entreprises intéressées par Sophia-Antipolis ne regardent pas Nice et inversement »
Cela fait dix-huit mois que je suis en poste, et je constate que les entreprises intéressées par Sophia-Antipolis ne regardent pas Nice et inversement. Beaucoup choisissent Sophia justement parce que Nice est à proximité, offrant ainsi une double opportunité en termes de compétences et de réseau.
Certaines font le choix de Nice car elles souhaitent être à quelques minutes en tramway d’un aéroport international, tout en ayant Sophia-Antipolis à 30 minutes de route pour s’appuyer sur son écosystème technologique.
Les nouvelles entreprises s’implantent-elles toutes à Nice Méridia, ou sont-elles également attirées par d’autres secteurs de la ville ?
Tout dépend du projet et des besoins spécifiques de chaque entreprise. Nous avons accompagné des structures de petite taille, comme un cabinet de communication et de marketing. Son objectif était de s’implanter dans le centre, au niveau du Port, avec une équipe qui pourrait atteindre 4 à 5 personnes à terme. Nice Méridia n’était pas adapté à leur modèle. Cela dit, la plaine du Var reste le principal pôle de développement.

On y trouve la majorité des nouvelles implantations : un foncier de qualité, des programmes neufs et des bâtiments conformes aux normes environnementales les plus récentes, ce qui correspond parfaitement aux attentes du marché.
Le classement Arthur Loyd a salué Nice comme l’une des métropoles les plus recherchées, preuve que notre équilibre fonctionne et séduit les investisseurs.
Quels sont, justement, les avantages offerts aux entreprises par Nice-Côte d’Azur ?
Le territoire de la Métropole bénéficie d’atouts majeurs qui lui permettent de rayonner bien au-delà des frontières françaises. Son aéroport international, le deuxième de France, lui assure une connexion directe avec le monde entier, ce qui attire entreprises, talents et investisseurs.
Son climat méditerranéen est également un facteur clé, car il séduit aussi bien les cadres que les entrepreneurs en quête d’un cadre de vie agréable et attractif. En parallèle, Nice accueille chaque année de grands événements internationaux. En 2025, Nice accueillera la Conférence des Nations Unies sur les océans, un événement d’envergure mondiale.
Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, le foncier n’est pas plus cher qu’à Bordeaux, Lyon ou Lille. On évoque souvent le manque d’espace disponible, mais cette problématique est encore plus marquée en Île-de-France !
Toute cette dynamique contribue à façonner une image forte et ambitieuse, bien au-delà du seul prisme touristique. Il reste toutefois un travail de sensibilisation à faire : tout le monde ne perçoit pas encore le potentiel éco de la Plaine du Var.

Quels sont vos besoins actuels, et vos axes de développement ?
Nous avons encore la capacité d’accueillir, mais Nice reste l’un des marchés les plus tendus. L’un des défis majeurs concerne le manque de foncier spécifique, notamment pour les besoins techniques et scientifiques.
Dans cette optique, un nouveau bâtiment, « Le LAB », va voir le jour d’ici un an et demi. Ce projet de 6.000 m² proposera des espaces modulables, avec la possibilité d’accueillir des laboratoires. Il est très attendu.
D’où proviennent les entreprises qui choisissent de s’installer ici ? Quels sont les secteurs d’activité les plus représentés ?
Entre 40 et 50 % de ces entreprises sont françaises. Elles sont complétées par 30 % d’européennes, incluant le Royaume-Uni, ainsi que 10 à 15 % issues d’Amérique du Nord et d’Afrique du Nord. En termes de secteurs d’activité, plus de la moitié ont une forte composante tech.

Il s’agit souvent de structures développant de nouvelles applications, des outils numériques ou des solutions basées sur l’intelligence artificielle. Par exemple, nous avons récemment accompagné ici des Parisiens spécialisés dans l’IA générative, qui développent des solutions pour automatiser la création de documents et d’aides aux professionnels.
Vos ambitions cette année ?
Les décisions d’implantation prennent parfois plusieurs années, nous avons des dossiers qui devraient aboutir en 2025. Nous restons positionnés sur deux nouveaux axes de développement. Le premier concerne l’industrie culturelle et créative, avec le renouveau des studios de la Victorine. L’enjeu est de valoriser ce patrimoine centenaire en lui insufflant une nouvelle dynamique.
« L’axe santé et bien-être, une priorité pour 2025 »
Le deuxième axe stratégique est celui du gaming, avec notamment l’implantation de l’ISART il y a un an et demi. La Métropole tend à renforcer cet écosystème, encore en phase de structuration, mais qui représente un fort potentiel.
Nous travaillons activement pour attirer de nouveaux acteurs du jeu vidéo et de l’animation, pour en faire un secteur clé.
Enfin, nous restons mobilisés sur le domaine de la santé et du bien-être. En 2025, Nice accueillera l’IHU spécialisé dans les maladies respiratoires, une implantation majeure qui viendra renforcer notre positionnement sur les sciences médicales et la recherche.






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