Les deux principales organisations patronales du secteur de l’hôtellerie-restauration se disent « satisfaites » de voir leur domaine intégré à la liste des métiers en tension, qui sert de référence pour l’attribution de titres de séjour aux travailleurs immigrés sans papiers. Toutefois, elles estiment que des « points d’ajustement » restent nécessaires.
Cette nouvelle liste, qui recense environ 80 professions selon les régions, a été transmise vendredi dernier aux partenaires sociaux par le gouvernement. Elle fera l’objet d’une ultime consultation nationale avant sa publication officielle au Journal officiel.
« L’Union des Métiers de l’Hôtellerie Restauration (Umih) considère cette inclusion comme une avancée significative pour le secteur, mais souligne la nécessité d’apporter plusieurs ajustements essentiels », précise un communiqué publié mercredi soir.
Pas toutes les régions concernées
Première organisation représentative de l’hôtellerie-restauration, l’Umih demande notamment l’instauration d’un arrêté ministériel spécifique, « à l’image du secteur agricole, afin que l’ensemble des métiers essentiels de l’hôtellerie-restauration soit systématiquement reconnu sur tout le territoire métropolitain ». L’organisation pointe en effet l’absence de certains métiers et de certaines régions dans la liste actuelle.
« Cette reconnaissance est essentielle pour simplifier les démarches administratives et garantir une politique de recrutement et de formation plus cohérente et efficace dans notre secteur », affirme Thierry Marx, président de l’Umih, cité dans le communiqué.
Dès janvier, l’Umih avait déjà fait savoir qu’elle « souhaitait que la nouvelle circulaire (Retailleau, NDLR) ne durcisse pas les conditions de régularisation et d’accès à l’emploi pour les ressortissants étrangers déjà présents » en France « et désireux de travailler dans (ses) métiers ».
Manquent les postes d’encadrement
Le Groupement des Hôtelleries & Restaurations (GHR), autre organisation majeure du secteur, se dit également « satisfait » de cette avancée. « Cette liste démontre que les professionnels de l’hôtellerie-restauration ont été entendus, puisque leurs métiers, étonnamment absents des listes précédentes, sont en passe d’être enfin intégrés », écrit Catherine Quérard, présidente du GHR, dans un courrier adressé au ministère du Travail.
Cependant, l’organisation relève « quelques améliorations possibles », notamment en matière de postes d’encadrement. « Aucune liste ne prévoit d’inclure ces postes, à l’exception de celui de +chef de cuisine+», constate-t-elle.
Catherine Quérard demande également une rencontre avec la ministre du Travail et s’étonne que « la liste des métiers en tension de la Région Paris Île-de-France ne mentionne que deux professions, +employés de l’hôtellerie+ et +cuisinier+». Elle regrette que « la pénurie de main-d’œuvre à tous les postes en salle et en cuisine dans la restauration semble avoir échappé aux rédacteurs de ce projet ».
(Avec AFP)





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