PARTIE 3/3 - En ce 1er mars, Christian Estrosi est l’invité spécial de Nice-Presse. Dans cette dernière partie, après avoir évoqué les grands chantiers, les transports et l’écologie, le maire et président de la Métropole répond aux autres préoccupations des habitants, dont la délinquance et l’économie locale.
- Partie 1 - Le calendrier des grands chantiers
- Partie 2 - Écologie, des résultats et des projets
- Partie 3 - Les préoccupations niçoises
Les chiffres de la délinquance dans les Alpes-Maritimes ne sont pas exceptionnels. Sur les 17 indicateurs observés, 9 sont en baisse, 8 en hausse entre 2023 et 2024, notamment les faits de violence. Avez-vous connaissance du bilan à Nice ?
Les chiffres complets transmis par la police nationale et le ministère de l’Intérieur montrent que la délinquance est bien plus contenue à Nice qu’ailleurs dans le département. Là où les principaux indicateurs galopent dans les Alpes-Maritimes, ils reculent dans notre ville. Prenez les meurtres et tentatives, à +21% et +12,7%, ils baissent dans le même temps de 8,5% à Nice. Les vols avec armes reculent au global, de 10,8%, mais bien davantage chez nous, -37,7%. Le reste est à l’avenant : notre travail paie !
Contre la violence routière, vous réclamiez de nouveaux radars à l’État. Avez-vous eu gain de cause ?
La nuit, vous avez des fous qui roulent à 140 km/heure sur la Promenade des Anglais. Cette délinquance routière m’est insupportable. J’ai discuté de cela directement avec le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui nous a aidés à avancer sur ce dossier. Il faut savoir qu’il n’y aura pas de radars permanents et de nouvelle génération chez nous avant la fin de l’année, puisque l’Etat n’en dispose pas.
Mais nous avons obtenu, pour ne pas perdre de temps, l’installation de deux provisoires, sur le modèle de ceux que l’on retrouve sur les autoroutes en période de chantiers. Ils seront en place, sur la Prom, raccordés au système central avant cet été au plus tard, et verbaliseront exactement de la même façon que les futures tourelles pérennes.
Vous hallucineriez de voir les bilans dressés par la police municipale la nuit sur cet axe ! Le niveau d’accidentologie est démentiel et il était hors de question que nous restions bloqués, raison pour laquelle je suis allé obtenir ces équipements directement auprès de Beauvau.
Cette année, avec un nouveau défilé, la Carnavalina, on a redécouvert un pan du Carnaval, totalement gratuit, sans palissades noires, avec 32.000 spectateurs. Puisque vous avez réussi à organiser cette première, allez-vous engager le reste de l’évènement sur cette voie-là ?
Cela fait des années que le carnaval monte en puissance, que le modèle est revu. On a lancé le village, gratuit, on a réorganisé un final spectaculaire, gratuit lui aussi. Et si vous venez déguisé de la tête aux pieds, vous ne payez pas non plus. À chaque corso, 1000 spectateurs ont joué le jeu.
Vous me parlez de la Carnavalina, qui a été un succès, un grand moment d’enthousiasme. J’en suis très fier. Mais jusqu’à la veille au soir, ce n’était pas assuré ! Il a fallu tout un tas de réunions avec la préfecture pour que l’on arrive à organiser une fête sans barrières. C’est le ministre lui-même qui a donné son feu vert quelques heures auparavant. S’il y avait eu un incident où que ce soit en France à ce moment-là, nous n’aurions pas obtenu les policiers supplémentaires qui nous étaient nécessaires, il aurait fallu reporter, ou annuler.
Le dispositif de sécurité actuel a été mis sur pied après les attentats de Paris en 2015. Sans ce tour de vis, nous n’avions plus de Carnaval. Alors évidemment, moi, j’aimerais retrouver les choses que j’ai pu connaître petit, mon grand père qui confectionnait des paquets de confettis, les parades ouvertes… Mais la société a changé !

S’il y avait un problème, qui viendrait-on chercher à votre avis ? Il n’y en a pas, puisque nous filtrons, nous fouillons tout le monde, les forces de l’ordre font un travail exceptionnel. Chaque soir, nous saisissons une quantité dingue de couteaux et de cutters. Des spectateurs tentent, sans succès, de se rendre au spectacle armés, vous vous rendez compte ? C’est très, très politicien de faire croire aux gens qu’il serait sage d’organiser nos défilés sans tous les contrôles que nous menons.
Le Carnaval est de plus en plus populaire, pour les Niçois : ceux qui viennent s’amuser, et les 1200 dont l’emploi en dépend ! Sans compter les hôteliers et les restaurateurs qui ne pourraient pas faire le plein en hiver sans tout cela. C’est une donnée capitale que certains oublient…
Le contexte économique n’est pas évident, et les commerçants locaux, les gérants des enseignes de proximité, sont soucieux du niveau de l’activité. D’après les rumeurs, vous pourriez accorder une heure de stationnement gratuit en ville la semaine, au lieu des 30 mn actuelles, pour encourager la consommation. C’est vrai ?
Nous y avons réfléchi, mais cela coûterait très cher. Il y a un blocage qui fait que si vous ajoutez un quart d’heure à votre demi-heure gratuite, vous payez 45mn, et ainsi de suite. Ça ne convient pas, donc nous travaillons à corriger cet élément. Mais en réalité, il y a déjà beaucoup de facilités pour se garer. Le samedi, il y a une heure gratuite (et c’est aussi le cas dans tous les parkings en ouvrage). Et vous ne payez pas le stationnement si votre voiture est électrique. Les gens n’ont plus à tourner 20 minutes pour trouver où s’installer.
D’autres mesures ?
Le commerce de proximité a toujours été chez nous un pilier de la vie locale. Quand on rénove des rues, des places, des quartiers, l’activité grimpe en flèche. Demandez aux professionnels de Bonaparte ce que l’on a fait pour eux ! Agir pour l’économie niçoise, on le fait toute l’année. Par ailleurs, l’Office du tourisme métropolitain va investir dans une vaste campagne de communication hivernale, qui valorisera notre offre shopping.
Comment se porte l’activité ?
Mais très bien, vous n’avez qu’à regarder le taux de vacance commerciale ! De 8,8% en 2023 à 6,3% cette année, dans les 35 rues principales. On nous a prédit la catastrophe dans le secteur République après la démolition d’Acropolis. Et la vacance recule, de 6,6% à 2,4% ! Rue de France, de 9% à 2,2%, de 10% à 5,9% pour la Californie, Félix-Faure de 28,6% à 3,2%, ou encore René Cassin, de 31,8% à 16,9%.



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