Dans l’hyper-centre, les commerçants s’inquiètent d’une augmentation de leurs loyers. Le risque ? Que les indépendants prennent la fuite, laissant place essentiellement à des franchises nationales et à des chaînes…
Il fait partie des coins où règne la convivialité, où il fait bon vivre… Au centre de la capitale azuréenne, le quartier du Voeu est de plus en plus attractif. Le 3 février dernier, une réunion publique rassemblait une centaine de riverains à L’Artistique, pour aborder les questions du quotidien.

Parmi les présents, Christophe Bremard, le président de l’association des commerçants de Nice Centre Rive Droite, qui constatait : « aujourd’hui, le Voeu est bien plus attrayant. On voit du monde, le marché immobilier grimpe en flèche ». Positif sur le papier, sauf que certains propriétaires augmentent considérablement les loyers des commerçants, poussant certains indépendants au départ.
« Les indépendants ne font pas fortune. Alors quand on leur double le loyer…»
« 50% plus cher »
« On a déjà vu ça dans d’autres quartiers, comme Jean-Médecin, ou même la place Masséna. Quand il y a une réfection et que le prix du mètre carré est à la hausse. Les propriétaires se disent ‘finalement, la surface commerciale devrait valoir bien plus cher’ ».
Et du côté de Dubouchage-Carabacel, « ce n’est pas dans des proportions raisonnables, avec du 10 ou du 15%, on est quasiment sur du +50, voire parfois du +100% en plus lorsqu’ils renouvellent leurs baux !»
L’Association culturelle Héliotrope a connu une hausse « de plus de 50%». « Ils ne pouvaient pas l’assumer, ils ont été obligés de partir ». Plusieurs commerçants, dans des secteurs variés, sont également concernés.
Face à cette situation, les indépendants se retrouvent poussés hors du centre. Aujourd’hui, « la plupart gagnent un peu moins de 2000 euros par mois. Ils ne font pas fortune. Alors quand on leur double le loyer, ce n’est pas simple… Ce ne sont pas des multinationales. Les charges qui augmentent, c’est un impact direct sur leur trésorerie ».
« Quand on est à Nice, on ne doit pas consommer de la même manière qu’en étant à Paris, Londres ou New-York…»
Moins d’indépendants, plus de chaînes
En ce moment, « il y a un phénomène global, qui n’est pas propre à Nice : les charges augmentent, ainsi que les taxes qui pèsent sur les entrepreneurs. On constate aussi une baisse d’activité depuis quelques mois… Alors si à cela s’ajoutent des loyers qui sont de plus en plus importants… «.
Pour quel risque ? « Un indépendant ne peut pas forcément payer, ce sont donc soit des chaînes qui s’installent, ou bien des franchisés. C’est un véritable risque. On sait que ça s’est passé ailleurs, dans d’autres villes ».
D’autant plus que la force du coin, « c’est qu’il compte énormément de commerces indés ». Pour Christophe Bremard, « c’est extrêmement important pour son attractivité, mais aussi pour celle de la ville ».
« La vraie force pour le tourisme aujourd’hui, c’est de pouvoir apporter aux visiteurs une expérience, de la diversité. Quand on est à Nice, on ne doit pas consommer de la même manière qu’en étant à Paris, Londres ou New-York… Les petits permettent cela. Alors protégeons-les ».



Les barbiers, bars à ongles, snacks, laveries et autres petits commerces spécialisés fleurissent et persistent malgré pour certains, un manque évident de clients. Dans quasiment tous les quartiers de la ville ils remplacent ceux qui étaient là depuis des années, voire des générations ; pour cause de charges multiples devenues trop élevées. UNE QUESTION : d’où vient l’argent « magique » qui permet toutes ces nouvelles implantations ?
Entièrement d’accord ! Et quand un indépendant ferme on ouvre un restaurant ! Je n’habite Nice que depuis 24 ans et je les ai vu disparaitre petit à petit ces petits commerces. Voyez la place du Pin, la place Garibaldi où les retraités venaient jouer aux dominos dans les cafés… Allez à Vintimille, ils ont su garder leurs commerces indépendants, alors pourquoi pas n’est-ce pas possible à Nice et ailleurs en France ?