Dans l’hypercentre, les Niçois s’inquiètent du développement d’Airbnb, des incivilités et du niveau des loyers. Mais ils se félicitent d’un « quartier envié, où il fait particulièrement bon vivre ».
- Lire le dossier spécial complet : Le Voeu, un village en plein centre
La première réunion publique d’une longue série. Pour la dernière année de son actuel mandat, Christian Estrosi a décidé de créer ou de renforcer plusieurs initiatives « pour davantage de démocratie locale ». Sont ainsi lancés un site internet où les citoyens peuvent prendre position sur de petits projets (l’appellation d’un futur équipement de congrès, les personnalités représentées par une fresque à venir…), des « Conseils de territoire » à huis clos avec des figures locales invitées par la collectivité, et donc, des temps d’échanges ouverts à tous.
Le 3 février depuis l’Artistique, c’est le cossu quartier du Voeu (Dubouchage-Carabacel) qui ouvrait le bal de ces débats. Avec trois thématiques clés : la sécurité, la qualité de vie et les chantiers.
Un sentiment d’insécurité, mais pas de délinquance
Dans la salle, une centaine de riverains (retraités comme actifs, ainsi qu’une poignée d’enfants), des associations, notamment celle des parents d’élèves. Aussi, les remontées du terrain sont-elles variées, précises et sans filtre. Ici, une Niçois trouve certaines rues trop sombres, là, les feux de circulation seraient souvent grillés. Des toxicomanes et leurs seringues causeraient « un sentiment d’insécurité » ; l’un des représentants des commerçants regrette des « vols à la tire et des resto-baskets » de plus en plus fréquents, etc. Mais le quartier n’est toutefois pas sujet aux agressions ni à une délinquance notable.
Soirée d’échanges autour du quartier Dubouchage-Faure-Tonduti-Deloye animée par @anthony_borre, I Visentin. Merci aux riverains et commerçants présents pour la qualité des échanges qui m’a notamment permis de confirmer notre engagement en faveur de la création du Parking Wilson. pic.twitter.com/vSHrAFnrh9
— Gaël Nofri (@GaelNofri) February 3, 2025
Les élus - ce soir, le premier adjoint Anthony Borré, le « monsieur transports et stationnement » Gaël Nofri, et la référante du territoire Isabelle Visentin - répondent point par point, parfois un peu vaguement, parfois avec des solutions concrètes.
Les éclairages ont été restreints dans le cadre de la sobriété énergétique, mais ils seront intensifiés si besoin, des croix de Saint-André ont été disposées pour empêcher les rodéos urbains. Pour ce qui est des personnes droguées et des squats, Anthony Borré pointe en partie la préfecture : « nous envoyons courrier sur courrier et cela n’évolue pas. Un lieu d’accueil pour les toxicomanes n’a toujours pas été ouvert ».
Un blocage sur les nuisances sonores causées par les motards. Gaël Nofri décrypte : « nous pouvons installer des radars uniquement pour certaines voies, et nous n’avons pas le droit de verbaliser. En tous les cas, la législalation imposerait des tolérances variables en fonction du modèle des deux-roues, donc c’est toute une histoire…»
Un vaste plan de rénovation promis
Autre point récurrent, « le mauvais état de la chaussée, des trottoirs, la multiplicité des trous…» La Ville indique avoir demandé des comptes à certaines entreprises privées, notamment à Enedis qui fut sanctionnée sur la base d’interventions irrégulières. Mais que plus largement, Christian Estrosi serait sur le point « d’annoncer un vaste ‘Plan Bitume’ » à l’échelle de la commune entière, avec une kyrielle de rénovations (sans compter le fait qu’ailleurs en ville, des chantiers ont été dévoilés pour plusieurs axes majeurs, tels que Notre-Dame ou Riquier).
Quartier « de plus en plus attractif »
Ces dernières années, il a fallu encaisser plusieurs sacrés désagréments. L’hôpital a fermé, tarissant les flux dans les restaurants et boutiques du coin. Certaines lignes de bus ont aussi évolué. « Mais aujourd’hui, le Voeu est bien plus attractif. On attire du monde, le marché immobilier grimpe en flèche » fait valoir Christophe Bremard, l’un des porte-paroles des commerçants, que nous recevions récemment.
Avec le revers de la médaille : « certains propriétaires ont augmenté plus que de raison les loyers des professionnels, sans bousculer les grandes enseignes mais au détriment des indépendants, qui sont pourtant l’âme du coin ».
Airbnb fait aussi des ravages : « certains appartements sont achetés par des étrangers fortunés, les Américains notamment, mais les biens ne sont que très peu habités, ou placés en location saisonnière. Résultat, nous avons des immeubles de touristes, ou carrément vides. Cela menace notre cadre de vie ».
En janvier, la municipalité avait promis, dans les mois à venir, de s’en prendre au surtourisme en « divisant par deux le marché Airbnb à Nice », notamment par l’arrivée « de quotas dans chaque quartier ». Rappelant qu’une précédente mesure, qui imposait l’assentiment de la copropriété pour proposer un appartement sur le site américain a été cassée, en 2024, par la justice, « sous la pression d’un lobby de propriétaires ».
Que deviendra Foch ?
Le projet est particulièrement attendu : le futur Hôtel des Polices Saint Roch accueillera en un même lieu des centaines d’agents des forces de l’ordre, de quoi vivifier les environs. « Un plan de circulation est en cours d’élaboration, et il n’y aura pas plus de nuisances à partir de décembre prochain qu’à l’époque de l’hôpital » désamorcent les élus.
Mais après le déménagement des policiers vers ce nouveau site, que deviendra Foch, une vaste bâtisse décrépie transformée en commissariat ? Les habitants craignent l’établissement d’un squat, ou la ruine des lieux. Sur ce point, la collectivité n’a « aucune information » de ce que l’Etat compte en faire.
Nouveau parking et trames vertes
Une crainte est d’emblée écartée par Gaël Nofri : « le parking Marshall, qui a pu être saturé, ne l’est pas en ce moment, du fait des travaux aux alentours. Mais on vous le dit, tant qu’il n’y aura pas de solution de repli, les usagers pourront y stationner ». Le repli envisagé, c’est le futur équipement livré sous la place Wilson. « Entre 300 et 400 places d’ici à 2028 » pour un dessein qui a déjà changé plusieurs fois de capacités et de calendrier. En surface, le jardin sera densifié et étendu à 5000 mètres carrés.
Pas de détails pour l’instant au sujet des trames vertes, ces pistes cyclables et rubans verts qui doivent connecter la rue de l’Hôtel des Postes au tronçon déjà terminé du côté de la Liberté. Les travaux devraient démarrer « après la livraison » du « super commissariat », mais sans date de mise en chantier ni de durée évoquée.





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