Sale nuit pour les fraudeurs ! De la soirée de vendredi jusqu’au milieu de la matinée de samedi, 70 professionnels ont contrôlé, du sol au plafond, une variété de commerces niçois. Les policiers municipaux ont vérifié le respect des règles durant des heures, assistés du chien de la douane, des experts de l’URSSAF, des impôts ou encore de l’hygiène. Une « initiative unique en France », reproduite chaque trimestre, que nous avons pu suivre en grande partie. 3 temps pour tout comprendre.
22h30 : les bars au crible, des caisses à la cave

L’Antre pour commencer cette longue nuit de contrôles. La police municipale et la kyrielle de professionnels mobilisés ce 9 mai débarquent peu avant 23 heures. Tout sera vérifié avec une grande minutie : la tenue de la caisse, le statut des employés, l’état des clients… Les gérants passeront plus d’une heure à fournir aux fonctionnaires un tas de documents divers, pendant que les agents fouillent sanitaires et locaux techniques de ce bar apprécié des fans de techno.


Ils se dénoncent eux-mêmes : deux DJ exercent dans une situation de travail dissimulé. Un système de vidéoprotection sauvage a été installé, sans autorisation de la préfecture. Par contre, on ne trouve pas de dispositif de lutte contre les incendies.
« C’est là tout l’intérêt de ces contrôlés mutualisés. Au lieu de venir chacun de notre côté, on arrive à une vision d’ensemble, pour assurer la sécurité de tous, à chacun des niveaux » vante le premier adjoint au maire Anthony Borré. « Et c’est un vrai travail de précision. Seules 10% des décisions de fermetures ou de sanctions font l’objet de contentieux. Et on a gagné à chaque fois…»
Toute la nuit, une opération d’envergure a mobilisé, dans le Vieux-Nice et le centre-ville, 70 agents de la Police municipale, des services municipaux, de l’Urssaf, des douanes et des impôts [1/2] #Nice06 pic.twitter.com/qoyKBZbDy0
— Anthony Borré (@anthony_borre) May 10, 2025
Pas davantage dans les règles, quatre consommateurs termineront leur virée dans les cellules de la caserne Auvare : les cocktails fluorescents c’est OK, l’herbe et la cocaïne, c’est un grand non. La gérante s’en agace : « on fait ouvrir les sacs, on surveille les toilettes, on est déjà super vigilants. Je ne fais pas ce travail pour encourager la drogue. Faites des prises de sang à toute l’équipe, on est tous ‘clean’!»
À l’autre bout de la ville, notamment du côté de la Californie, ce sont les bases de l’hygiène qui n’ont pas été respectées par plusieurs affaires. C’est le cas du Snack du n°245, qui baisse immédiatement le rideau. Fermeture immédiate aussi pour Le Carras, ou encore pour Chez Neco, après des « manquements graves » (travail dissimulé, tabac de contrebande…).
0h30 : holà sur les terrasses et dans les épiceries de nuit

C’est une épicerie, toute proche du Palais Sarde, qui est visitée juste après minuit. Par le passé, on y a répéré un trafic de cigarettes électroniques. « Il s’agit d’un enjeu capital pour la santé publique. Le marché est très réglementé, pour protéger les jeunes. Et cela crée des opportunités » décrypte la police municipale. « Vous avez des revendeurs qui vont proposer en toute illégalité des cigarettes avec davantage de bouffées, d’autres goûts etc. Mais tout vient de Chine, sans aucun contrôle sanitaire. Alors on saisit tout. À Nice, on a mis la main sur 7000 produits illicites de ce type ».

Cette fois, le commerce apparaît en règle. Si ce n’est l’arrêté anti-alcool qui n’est qu’à moitié respecté, les bouteilles n’étant pas cachées au client. Mais rien de bien grave.

Quai des États-Unis, ce sont des terrasses qui posent problème. Chaises comme tables lèchent presque le passage des voitures. Pour une poussette ou un siège roulant, oubliez l’idée de circuler, notamment devant le Babel Babel. Anthony Borré va houspiller les patrons des différents cafés. « Ce sont les clients qui s’installent et qui chamboulent la terrasse » ose l’un d’eux. À Nice, on a toujours réponse à tout !
1 heure du matin : dans cette boîte, soupçons de fraude à tous les étages

L’uniforme des policiers jure avec les projecteurs criards du dancefloor. L’ensemble du Monte Cristo, une boîte du quartier Riquier, vient d’être évacué. C’est une adresse connue : cela fait quatre fois qu’elle est fermée en quelques années. L’un des patrons avait tenté de ne déclarer ni salariés ni chiffre d’affaires pendant un an. Rattrapé par la patrouille, il a passé la main. Les choses ne se sont pas arrangées.

Alors que les agents pénètrent dans la grande salle, plusieurs post-ados au tee-shirt blanc glissent discrètement un badge barré d’un « Staff » dans leur poche. Et pour cause, aucun n’a de contrat de travail. Les policiers sont même tombés sur d’autres presque-employés, cachés dans un couloir. Le reste est à l’avenant : un panneau « nous ne prenons pas la carte bleue » a prestement été retiré de la caisse. Pas de chance, l’URSSAF l’avait déjà repéré. Les caméras ont été disposées sans autorisation, et personne ne paie la SACEM…

Les punitions vont tomber en cascade. Suivra une procédure de contradictoire, mais la municipalité entend bien fermer l’endroit, jusqu’à six mois. Les impôts vont aussi mener des auditions, puisque les chiffres présentés sentent un brin la carabistouille.
LE BILAN DES OPÉRATIONS MENÉES
› La Chapa, 73 quai des Etats-Unis, bar-restaurant : embarras de la voie publique, absence de dispositif de lutte contre les incendies
› Le Monte Cristo, 3 place de l’Armée du Rhin, boîte de nuit : vidéoprotection sans autorisation, pas de contrat SACEM, travail dissimulé, chiffre d’affaires suspect, défaut du service de sécurité
› Le Town, 25 rue Benoit BUNICO : rien de majeur
› Babel Babel, 2 cours Chirac, bar : nuisance sonores, non-respect du règlement des terrasses
› Le Chupito, 7 rue Bosio, restaurant : service de sécurité irrégulier, dispositif anti-incendies défaillant, procédure engagée par les impôts, embarras de la voie publique.
› Snug and Cellar, 22 rue Droite, restaurant : procédure engagée par les impôts
› Wild Club, 2 rue de l’abbaye, club : service de sécurité défaillant, travail dissimulé
› Le Bulldog, 16 rue de l’abbaye, club : procédure engagée par les impôts, service de sécurité défaillant, embarras de la voie publique
› Contrôle d’un véhicule de vente ambulante de sandwichs ; destruction de 27 burgers et de 44 tacos





et la mafia qui contrôle 80% de la prom, ça aussi ça a été contrôlé ? Ou c’est seulement les étudiants fumeurs de joints qui sont la pire menace ?