Au cœur du Val de Cagnes, là où la plaine agricole se fait de plus en plus rare, un jeune homme de 23 ans a choisi une voie à contre-courant de sa génération : cultiver la terre. Son pari ? Miser sur un produit à valeur ajoutée, et à forte identité : les herbes aromatiques.
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« Moi, à la base, j’ai un bac pro mécanique auto, rien à voir ! » sourit Ugo Massi, chef d’exploitation depuis trois ans et demi, quand on lui demande si son destin semblait déjà tout tracé.
« J’ai toujours bossé avec mon père pendant les vacances. Et quand la mairie a racheté ce terrain agricole en 2018, je me suis dit que ce serait bête de laisser passer l’occasion. »
Les débuts sont pourtant difficiles. « J’ai commencé avec les légumes classiques, tomates, poivrons, courgettes, mâche… mais au final, je ne me payais pas. Deux hivers durant, j’ai dû bosser la nuit au MIN de Nice pour payer mon salarié » se souvient-il.
Puis germe dans sa tête l’idée du basilic et de ses cousins aromatiques. Un créneau plus exigeant mais plus rémunérateur, où la régularité et la fraîcheur font la différence, en plus d’être complémentaire des agrumes de son père.
Du 100% local, « made in Cagnes-sur-Mer »
Aujourd’hui, sur 1,5 hectare, Ugo cultive basilic, persil, coriandre, ciboulette, menthe, aneth et cerfeuil… Un véritable grossiste. « C’est un marché de niche, où la qualité compte plus que le prix. L’année dernière, on a fait un petit essai, et on a manqué de quantité. Cette année, on y va à fond. »

Le quotidien est intense : lever à 5h30 pour la cueillette, l’emballage en milieu de journée, puis le retour dans les serres jusqu’à la tombée de la nuit.
« Les herbes, c’est très fragile. Il faut cueillir tôt ou tard, éviter la chaleur, emballer tout de suite. » Dans les serres, de jeunes pousses bien vertes alignent leur parfum. « On veut élargir la gamme dans les années à venir : thym citron, romarin, sauge… de quoi correspondre à tous les restaurateurs. »

Le marché est dominé par des structures énormes, souvent orientées vers l’export. « Beaucoup de produits viennent d’Espagne ou du Portugal, reconditionnés et revendus ici. Moi, je fais du 100% local. C’est notre force, et ça plaît. »
Les clients ? Des grossistes, mais aussi des restaurants de Cagnes-sur-Mer et de Nice. « On retrouve mon basilic dans les assiettes de certains chefs. Ça, c’est une vraie fierté. »
S’implanter plus largement dans les Alpes-Maritimes
Plus jeune agriculteur de Cagnes, Ugo assume son choix de vie. « Ce n’était pas prévu, mais c’est une fierté de poursuivre ce que mon père avait construit. On a un nom reconnu pour la qualité. Je veux que ça continue, et même que ça grandisse. »
Ses projets ? Stabiliser l’exploitation, diversifier les aromatiques, pourquoi pas chauffer certaines serres pour prolonger la saison. « Si j’arrive à bien m’implanter dans le département, j’aurai largement de quoi vivre. »

Après trois ans sans se rémunérer, Ugo entrevoit enfin un avenir. « D’ici la fin du mois, je ne devrai plus rien à mes fournisseurs. Ça fait trois ans que ça n’était pas arrivé. » Le pari semble donc gagné : des produits de niche, une clientèle fidèle, et un modèle économique enfin viable.
Dans un département où l’agriculture ne cesse de reculer, où les terrains agricoles sont préemptés par les pouvoirs publics, l’histoire d’Ugo Massi souffle comme un véritable vent d’espoir.











Continuez comme ça !
Super Ugo. On vous souhaite le meilleur. Ou peut on trouver vos aromates a Cagnes ? Merci
Je ne suis pas de votre région mais je dis bravo pour votre choix et votre persévérance. Dommage que je ne puisse pas en profiter
Ça sent bon la Provence, les herbes aromatiques !
Elles relèvent le plat et les plats sont meilleurs et de loin 🥰 Merci à Ugo, et félicitations pour son
attachement à la terre, son travail ardu et sa fierté de continuer ce que son père a entrepris 🪴
Felicitations et continuer comme ça.